Diesel ou essence, automatique ou manuelle, berline ou utilitaire, l’automobile est plus que jamais au cœur de la campagne.

Que faire de la voiture à l'avenir
Que faire de la voiture à l'avenir © Getty / Karl Hendon

D’abord en raison de la reprise économique mondiale qui fait grimper le prix du carburant

Chez les candidats déclarés, c’est un embouteillage de propositions pour tenter d’amortir cette hausse. Et preuve que la réponse n’a rien d’évident, des rapprochements improbables s’opèrent. Dans le camp de ceux qui veulent réduire les taxes, on trouve un trio composé de Michel Barnier, Marine Le Pen et Anne Hidalgo ! Un curieux covoiturage.  

Pressé par l’exaspération populaire, le gouvernement a dégainé son indemnité inflation de 100 euros destinée à tous ceux qui gagnent moins de 2000 euros nets par mois. Qui dit mieux ? Yannick Jadot et son chèque énergie à 400 euros.

Jean-Luc Mélenchon et Valérie Pécresse prennent des itinéraires bis : le premier veut bloquer les prix, la deuxième veut relever le plafond du forfait kilométriques pris en charge par les employeurs. 

Mais si on parle de la voiture ce n’est pas seulement à cause du prix de l’essence…

Pourquoi alors ?  Rien n’a changé depuis la crise des Gilets jaunes. L’auto symbolise plus que jamais le fossé entre la France des métropoles et les zones rurales ou pavillonnaires. Le gouvernement d’Edouard Philippe avait payé très cher son incompréhension culturelle de ces régions où les habitants ne peuvent se passer de leur véhicule. 

La limitation à 80 km/h sur les routes nationales doublée de l’augmentation de la taxe carbone ne pouvait être qu’explosive. 

Anne Hidalgo, qui a voulu réduire la vitesse à 110 km/h sur les autoroutes, avant de rétropédaler, est bien placée pour savoir à quel point la voiture est devenue un objet politique complexe. Quasi identitaire. Et voici donc Eric Zemmour qui se prononce pour la suppression du permis à points. 

Quel est l’intérêt d’une telle annonce ?

Le polémiste sait qu’il entraîne surtout derrière lui des CSP plus, les représentants de ce qu’il appelle la « bourgeoisie patriote ». Mais il essaie aussi de s’attirer les bonnes grâces des commerçants et des artisans qui, pour le moment, lui préfèrent Marine Le Pen. Ceux-là se déplacent beaucoup en voiture. Alors peu lui importe de revenir sur une mesure qui sauve des milliers de vies chaque année. 

La voiture reste notre mauvaise conscience dans un pays à deux vitesses, qui a pensé l’adaptation au changement climatique et la fin des énergies fossiles depuis les grandes villes.

Quand un choc mondial intervient, on retrouve nos vieux réflexes : quand on n’a pas de pétrole, on a plein d’idées… 

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