Nous parlons beaucoup de la primaire à droite, mais la campagne présidentielle n’a pas commencé que dans l'opposition. Dans le camp Macron on est prêt aussi à dégainer… Et c'est imminent, nous dit Marcelo Wesfreid.

Sur ses prochaines affiches de campagne, le président apparaît comme le héros d’une série de Netflix sur fond noir
Sur ses prochaines affiches de campagne, le président apparaît comme le héros d’une série de Netflix sur fond noir © Getty / Antoine Gyori

Dès la semaine prochaine, vous pourrez tomber dans la rue sur des affiches « Macron. Avril 2022 ». En tout, 50 000 affiches. Placardées dans 80 villes. Elles ont été validées en haut lieu.

J’ai pu voir en avance à quoi cela ressemble. Le président apparaît comme le héros d’une série de Netflix. C’est osé. Il est de profil. Sur fond noir. Avec ce slogan :  « Vivement qu’on signe pour cinq saisons de plus ». D’ailleurs, c’est écrit en rouge, dans le code couleur de Netflix. 

Alors, Macron superhéros de quelle série ? House of cards ? A la maison blanche ? baron noir ? 

En tout cas, on comprend l’idée : la politique, ce sont des rebondissements, du suspens.  Il faut des caractères bien trempés pour traverser tout cela. S’il y a un second quinquennat, on ne s’ennuiera pas avec Macron. 

A qui s’adresse cette campagne de communication ?

D’abord aux jeunes. Grands consommateurs de fictions. Cette campagne est l’œuvre du « Mouvement des Jeunes avec Macron ». L’organisation jeunesse de LREM. Sur l’affiche, le chef de l’Etat est appelé le « président des jeunes ». 

La ficelle n’est pas nouvelle. Souvenez-vous.  1988, la campagne de pub en faveur d’un second mandat de Mitterrand. C’était « génération Mitterrand ». Les jeunes appelaient « Tonton » à se représenter. 

Tout cela préfigure la campagne de 2022. On devrait avoir une communication autour du président sortant, sa résistance, son énergie face aux événements. 

On nous vantera une personnalité, un style de gouvernance, sans doute plus qu’un catalogue d’idées.

Emmanuel Macron aura tout de même un programme ?

Oui, mais il sera moins facile à bâtir qu’en 2017. A l’époque, Macron incarne la nouveauté. Il promet  la « Révolution ». C’était le titre de son livre, je le rappelle. Mais, au bout du compte, un tas de chantiers n’ont pu être menés jusqu’au bout, comme les retraites ou la diminution du nombre d’élus. 

Il lui faudra pourtant démontrer qu’il reste un réformateur.

En face, l’opposition critiquera son bilan. Dans ce contexte, on peut comprendre la tentation des macronistes d’aller plutôt sur le terrain de la personnalité. 

Seulement, c’est à double tranchant, car le président suscite aussi une franche hostilité d’une partie de la population. Celle qu’on retrouve notamment en ce moment dans les manifs des anti-pass. La bataille d’image ne fait que commencer. 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France