Il y a un objet qui n’a pas pris une ride malgré les années, c’est le livre politique. Cette présidentielle qui commence en est la preuve…

Eric Zemmour se lance dans la bataille en publiant… un livre. Une autobiographie qui sort ces jours-ci. Ca s’appelle : La France n’a pas dit son dernier mot. Avec une couverture qui ressemble à une affiche de campagne. 

Au même moment, Anne Hidalgo se lance avec… un livre. Elle aussi. Et Edouard Philippe, dont on parle beaucoup, il est revenu dans le jeu en publiant… un livre. Depuis, il signe ses bouquins dans les librairies, un peu partout. 

Cela peut paraître étrange, cette fascination éditoriale. On est à une époque, hélas, où les livres se vendent moins. Pensez par exemple que le livre de François Fillon, Faire, le carton de la présidentielle dernière, c’était 100 000 exemplaires.

La communication de masse, c’est aujourd’hui la télé, c’est la radio, ce sont les réseaux sociaux. 

Mais alors pourquoi faire d’un livre le cœur de sa campagne ?

Cela fait sérieux. On se dit : "Waou, ce candidat il a des idées." Cela permet de faire une tournée médiatique derrière. 

Notre imaginaire politique accorde un statut incroyable au livre. Sur leur portrait officiel, de Gaulle, Pompidou, Mitterrand et Sarkozy, ils posent dans une bibliothèque. Mitterrand, il a les Essais de Montaigne à la main. 

Quant à Emmanuel Macron, il s’est fait photographier dans son bureau, avec deux téléphones et trois livres : le rouge et le noir de Stendhal, les nourritures terrestres de Gide et les mémoires du général de Gaulle. 

Et au moment de la campagne, il avait publié un essai. Cela s’appelait « Révolution »… Il en avait vendu 69 000.

Il n’y a pas que les candidats qui écrivent. Le ministre de l’Education nationale vient de sortir aussi un livre

Jean-Michel Blanquer raconte comment il a géré la crise sanitaire à son poste, son choix de ne pas confiner les écoles. Au gouvernement, en ce moment, on assiste d’ailleurs à un déluge de livres. 

Emmanuelle Wargon en a sorti un, Marlène Schiappa prépare un roman très personnel, Bruno le Maire a repris l’écriture, ce sera son 4ème livre du quinquennat. Quand même ! Olivia Grégoire, Elisabeth Moreno, Sarah El Hairy, Adrien Taquet, Agnès Pannier Runacher. En tout, ca fait presqu’un ministre sur cinq.

C’est comme si chacun voulait peser avant 2022, car les cartes vont être rebattues. Même si Emmanuel Macron l’emporte, il fera le ménage au gouvernement. Alors, pour échapper au coup de balais, rien de mieux qu’une bonne plume. 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France