Vous ne trouverez pas de liste gilets jaunes partout. Vous ne trouverez pas non plus de listes animalistes dans toutes les régions. Mais vous trouverez, presque partout, une liste Lutte ouvrière !

On parle de ce mouvement trotskyste, popularisé par Arlette Laguiller. Il a donc réussi l’exploit de présenter des milliers de candidats aux régionales, après avoir été présent aux municipales. Il a imprimé des professions de foi et des bulletins. Vous allez les recevoir par la poste. Il a tenu un meeting ce week-end… 

Tout cela, représente beaucoup d’argent. Or, Lutte ouvrière a peu de chances d’être remboursée. Car la règle, c’est que seules les listes qui font plus de 5% peuvent rentrer dans leurs frais.    

Comment expliquer ce tour de force ?  

Ce mouvement a 8000 adhérents qui sacrifient un mois de salaire pour leur cotisation. C’est un parti ultra-discipliné, qui vit pour une mission, plus très à la mode, c’est sûr : renverser le capitalisme. Par la révolution.   

Alors, pourquoi se présenter aux élections ?  

Pour profiter d’une tribune, dénoncer le patronat, les gros actionnaires. « Même si on est peu nombreux, il faut montrer qu’on existe », m’a dit hier un cadre.    

Lutte ouvrière est là, à chaque présidentielle depuis 1974, avec son fameux « Travailleuses, travailleurs ». C’est Nathalie Artaud qui a repris le flambeau. Elle se prépare pour une troisième campagne présidentielle.    

Comment trouve-t-elle les parrainages nécessaires ?

On a cette particularité en France, c’est d’avoir une offre pléthorique à l’extrême gauche. Lutte ouvrière, le NPA, le Parti communiste, La France insoumise… Ils se partagent un peu plus de 12% des voix. Et doivent se disputer, à chaque présidentielle, les parrainages des maires… Il en faut, je le rappelle, 500.    

Souvent, la droite a donné un petit coup de pouce, en coulisses. Avec une idée en tête : plus il y a de candidats à gauche, mieux c’est. En 2002, les 5% d’Arlette Laguiller ajoutés aux 4% de Besancenot ont coûté cher à Lionel Jospin.

Seulement voilà, la gauche dans son ensemble s’est affaiblie. Elle n’est plus une menace aujourd’hui. Du coup, personne n’a intérêt à lui filer des parrainages en douche. Pour Lutte ouvrière, comme pour les autres, la bataille des parrainages pour 2022 s’annonce comme la plus périlleuse de ces quarante dernières années.

Les invités
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France
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