Les jeunes ont massivement boudé les urnes, dimanche. Et pourtant, le président est persuadé qu’il faut continuer à les chouchouter. En ce moment, Emmanuel Macron envoie un paquet de messages à la jeunesse.

On est dans une opération séduction des jeunes. Il y a quelques semaines, c’était le concours d’anecdotes avec les youtubers McFly et Carlito.
On est dans une opération séduction des jeunes. Il y a quelques semaines, c’était le concours d’anecdotes avec les youtubers McFly et Carlito. © AFP / Amaury Cornu / Hans Lucas

Lundi, par exemple, le président a organisé une réunion sur les discothèques. Puis, il a reçu Justin Bieber, le chanteur. Et pour finir, il a ouvert la cour de l’Elysée pour un concert de techno. On est dans une opération séduction. Il y a quelques semaines, c’était le concours d’anecdotes avec les youtubers McFly et Carlito. 

Soyons juste, cette offensive du président ne se résume pas qu’à de la communication. Cette semaine, le gouvernement lance une nouvelle édition du service national universel. Ce sont 18 000 jeunes concernés. 

Et pour cet été, l’exécutif pourrait faire un énorme geste en direction des précaires en dégainant une « garantie jeunes universelle ». 500 euros par mois pour les moins de 25 ans. Pour presque un million de personnes…   

Quelle image les jeunes ont-ils d’Emmanuel Macron ?

Plutôt bonne. Les 18-24 ans, c’est la classe d’âge dans laquelle le président est le plus populaire. Vous me direz à quoi bon ? Puisque c’est aussi la classe d’âge qui vote le moins. Voire pas du tout, comme dimanche.

Pour autant, Emmanuel Macron ne changera pas son fusil d’épaule. Il continue de voir dans la jeunesse un axe de campagne. Car ce qu’il vise, ce n’est pas le réservoir de voix. C’est le symbole ! Porter les aspirations de la jeunesse, c’est dire aux électeurs de tous âges j’incarne l’avenir.

Mitterrand, Hollande, Sarkozy… ils ont tous joué sur ce registre. Pour Emmanuel Macron, il est impératif de se projeter au-delà de la crise sanitaire… Sinon, il risque d’être associé à une page que les Français voudront tourner. 

L’actualité, c’est pourtant aussi ces rassemblements de jeunes que la police a dispersés.

Des scènes assez dures. C’était il y a une semaine des CRS chargeant des fêtards aux Invalides. C’était une évacuation musclée dans un tecknival samedi à Redon. C’était lundi à Paris pendant la fête de la musique… 

Tout cela, officiellement, au nom des règles sanitaires. Mais ces échauffourées envoient un message contradictoire. Même un intime du président me disait hier : « Pourquoi on les fait chier ces jeunes, alors qu’ils se rassemblent simplement.». 

Macron est piégé par son autre priorité pour 2022 : l’ordre, le régalien, la sécurité. Deux stratégies s’entrechoquent actuellement… Ce sont les limites du « en même temps ».   

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France