Les prix de l’énergie flambent et même si d’après les économistes, ce n’est qu’un phénomène passager, il y a un vrai risque politique pour le gouvernement…

Le risque d'un retour des Gilets jaunes. Ici le 5 décembre 2019, à Lyon.
Le risque d'un retour des Gilets jaunes. Ici le 5 décembre 2019, à Lyon. © Getty / Robert DEYRAIL

Il y a des périodes qui portent vraiment la poisse. Après l’électricité et le gaz, c’est au tour des carburants d’atteindre des sommets. Le gazole vient tout juste de dépasser 1,54€ le litre, soit un record depuis 2012... 

Le spectre d’un retour des Gilets Jaunes plane sur le pays, l’une de leur premières revendications portait sur le prix des carburants. On trouve sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, des appels à bloquer à nouveau des ronds-points partout en France ce samedi 16 octobre. 

Alors, on prend les mêmes et on recommence ?

Il y a ceux qui promettent un “Gilets jaunes saison 2”, ceux qui espèrent un tout nouveau scenario, ou enfin ceux qui font leur comptes, comme Jérôme Rodrigues, qui explique que le gazole a augmenté de “28% sur un an, soit 17€ pour un plein de 50 litres”. Les appels à la mobilisation circulent beaucoup -c’est le propre des réseaux sociaux- mais ils ne sortent  pas vraiment des canaux de protestation habituels. Pour le moment, tout semble encore calme et les services de renseignements n’envisagent pas d'éventuelle reprise des mouvements. En revanche, cet alignement de planètes rend l'exécutif beaucoup moins serein.

Pourquoi ?

Échaudé par le mouvement des Gilets jaunes, le gouvernement ne veut pas voir un nouveau conflit s’enflammer six mois avant l’élection présidentielle. Le Premier ministre Jean Castex faisait savoir il y a deux semaines qu’il surveillait le prix des carburants “comme le lait sur le feu” et Emmanuel Macron a promis hier, avant son match de foot, la mise en place une "action de court terme", pour "ne laisser personne dans le désarroi".

Que peut l’Etat face à cette flambée des prix ?

La plupart des candidats à la présidentielle proposent de baisser les taxes sur les carburants, mais la macronie semble gênée aux entournures. Un cadre de la majorité confiait hier : “On a tout de suite stoppé la hausse de l’électricité, mais pour la hausse des carburants c’est beaucoup plus compliqué”. 

D’abord parce demander à l’État d’éponger les fluctuations du marché ne fait pas vraiment partie du logiciel macronien. Ensuite parce qu’un plafonnement des prix financé par l’État, revient à subventionner aussi ceux qui n’en n’ont pas besoin. Et enfin, parce qu’une telle mesure irait à l’encontre des engagements écologiques du gouvernement. Mais il n’est pas impossible qu’en période électorale, le prix de la paix sociale puisse lui aussi flamber…

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