Hitchcock/Truffaut, ou Le Cinéma selon Alfred Hitchcock, communément surnommé le "Hitchbook", est un livre de François Truffaut, paru en 1966 aux éditions Robert Laffont. Il est principalement constitué d'un entretien entre Alfred Hitchcock et François Truffaut.

le procès paradine
le procès paradine © Radio France

Le Procès Paradine (1947), un drame judiciaire, est le dernier film d'Hitchcock produit par Selznick. Le producteur, très attaché à ce projet qu'il couve depuis le début des années 30, se montre, comme à son habitude, très interventionniste. Omniprésence à la mesure du désintérêt du réalisateur dont l'attention se porte déjà sur son film suivant, premier projet de la société de production qu'il vient de monter.Hitchcock veut Laurence Olivier et Greta Garbo, mais Selznic lui impose Gregory Peck et Alida Valli qu'il considère comme l'une des "actrices les plus prometteuses du cinéma italien". Un avis loin d'être partagé par Alfred Hitchcock.Les interventions du producteur dépassent définitivement le cadre des interférences puisqu'il réécrit, avant et pendant le tournage, le scénario et remonte largement le film. Le montage provisoire effectué par le réalisateur donnait un film de près de 3h. Les éléments écartés par Selznick, qui en ramena la durée à 125 minutes, sont considérés comme définitivement perdus suite à une inondation, même si deux scènes, sans piste son, ont été redécouvertes récemment.Néanmoins, Le procès Paradine n'est pas un film totalement perdu pour Hitchcock qui expérimentait toujours beaucoup pendant ses tournages. Tentatives techniques, mais aussi narratives. Ainsi pour la partie "procès" du film, il essaie la prise de vue à caméras multiples (quatre en l'occurrence). Son ambition est de fluidifier les prises de vue et de permettre à ses acteurs, ainsi portés par la continuité, de mieux déployer leur jeu.Par ailleurs, dans un grand nombre de scènes de ses films, le réalisateur utilise les sources de lumière (bougies, lampes, lustres…) d'une façon tout à fait particulière. L'exemple sans doute le plus frappant se trouve dansLe Procès Paradine avec la séquence de la rencontre proprement dite entre l'avocat (Gregory Peck) et celui qui se révèle finalement être son rival (Louis Jourdan). Au cours du dialogue entre les deux hommes, ils apparaissent à l'écran "en compagnie" d'une lampe massive qui, par les mouvements de caméra, semble se déplacer de façon étonnante au-dessus d'eux, entre eux, au-dessous d'eux ou à côté d'eux, et semble jouer un rôle, comme un troisième acteur.

Le film sera un désastre, tant auprès du public que de la critique. Hitchcock décida donc de mettre un terme à sa collaboration avec Selznick, lequel lui avait néanmoins appris une chose primordiale à Hollywood : le producteur décide toujours du "final cut". Fort de cette leçon, le réalisateur crée donc, avec Sidney Bernstein, Transatlantic Pictures, une société de production avec laquelle il réalisera deux films : La Corde et Les Amants du Capricorne.Caméo : Hitchcock quitte la gare un violoncelle à la main.

Caméo Paradine
Caméo Paradine © Radio France
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