Hitchcock / Truffaut, ou Le Cinéma selon Alfred Hitchcock, communément surnommé le "Hitchbook", est un livre de François Truffaut, paru en 1966 aux éditions Robert Laffont.

Alfred Hitchcock en 1964
Alfred Hitchcock en 1964 © Getty / Tony Evans

Le livre est principalement constitué d'un entretien entre Alfred Hitchcock et François Truffaut.

L'inconnu du Nord Express
L'inconnu du Nord Express © radio-france

Au début de l'année 1950, Hitchcock découvre le premier roman de Patricia Highsmith : Strangers on a Train (L'inconnu du Nord Express ) dont il acquiert les droits. Pour l'écriture des dialogues, Hitchcock approche d'abord Dashiell Hammett, mais c'est Raymond Chandler, suggéré par la Warner, qui se charge du travail. Pour peu de temps. Il faut dire que les choses ne se sont pas bien passées entre l'écrivain et le réalisateur. Hitchcock expliquera plus tard : "Je me souviens de mon travail sur L'Inconnu du Nord-Express, Je ne trouvais personne qui voulût collaborer avec moi. Tout le monde pensait que mon premier jet était à la fois si plat et si proche des faits qu'on n'y trouvait pas la moindre qualité. En réalité, tout le film était là, visuellement."Dans L'Inconnu du Nord-Express, Hitchcock combine de nombreux éléments de ses précédents films. Avec Farley Granger reprenant certains éléments de son rôle de La Corde , le réalisateur, dans L'Inconnu, continue à s'intéresser aux thèmes du chantage et du meurtre. Robert Walker, qui jusque-là n'avait joué que des rôles de jeune homme "bien sous tous rapports", incarne ici le "méchant". Sa performance de dément inquiétant, trop lié à sa mère, annonce celle de Perkins dans Psychose . Hitchcock confie par ailleurs l'un des rôles secondaires à sa propre fille, alors âgée de vingt-deux ans et qui avait déjà joué un petit rôle dans Le Grand Alibi.Quant au rôle principal féminin, la Warner qui produit le film impose au réalisateur une de ses stars maison : Ruth Roman. Hitchcock la trouve "horripilante" et "dénuée de tout sex appeal". Dès lors il l'ignore pendant tout le tournage. Farley Granger raconte qu'il avait constaté le même désintérêt de la part du cinéaste pour Edith Ewanson dans La Corde et d'ajouter "il lui fallait une tête de turc sur chaque tournage"

Les moyens de transport jouent un rôle particulier dans bon nombre de films d'Hitchcock. On a souvent vu dans l'image d'un train s'engouffrant dans un tunnel à la fin de La Mort aux trousses un symbole de l'acte sexuel (et telle était bien l'intention, avouée, du réalisateur). Le train, avec cette même connotation, est le lieu où se font certaines rencontres : L'Inconnu du Nord-Express débute par une scène de séduction dans un train.Pour l'anecdote : Il existe quelques différences entre la version américaine (originale) et la version anglaise du film, la seconde étant plus longue de quelques minutes. Dans la version américaine, quelques plans dans le train ont ainsi été supprimés pour atténuer la dimension homosexuelle de la relation entre les deux personnages.

caméo inconnu
caméo inconnu © radio-france

Caméo : à la dixième minute, à la gare de Metcalf, Hitchcock monte dans le train avec une contrebasse.

Voilà ce qu'écrivait Godard en 1952 à propos de l'Inconnu du Nord Express : "Ce sujet demande tellement peu à l'anecdote et au pittoresque, au contraire se gonfle d'une si haute ambition que seul, sans doute, le cinéma pouvait le manier avec tant de dignité. Je ne sache pas de films, en effet, qui aujourd'hui rendent mieux digne d'intérêt la condition de l'homme moderne qui est d'échapper à la déchéance sans le secours des dieux.

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