Le livre d'entretiens Hitchcock-Truffaut paru en 1966 est sans doute aujourd'hui encore le livre de cinéma le plus célèbre. L'ouvrage s'appuie sur l'entretien fleuve accordé par Hitchcock à Truffaut durant toute une semaine de l'été 1962.

Hitchcock et le cadrage
Hitchcock et le cadrage © Reuters

Dans une interview de 1969, Hitchcock précise : "Dès que le scénario est prêt, j'aimerais autant ne pas faire le film du tout… J'ai un esprit fortement visuel. Dans ma tête, je visualise un film jusqu'au montage final. J'écris tout ceci le plus en détail dans le scénario, et ensuite, quand je tourne, je ne regarde pas du tout le scénario. Je le connais par cœur, tout comme il n'est pas nécessaire à un chef d'orchestre de regarder la partition... Quand vous avez terminé le scénario, le film est parfait. Mais, pendant la réalisation, il perd peut-être quarante pour cent de votre conception d'origine."Hitchcock le reconnaît dans l'échange d'aujourd'hui avec Truffaut : il ne s'est jamais donné la peine de regarder à travers l'objectif d'une caméra, étant donné que pour lui ce n'était pas utile, même si des photos destinées à la promotion le montrent en train de le faire. En revanche il avait une idée très précise de la place où devait se trouver la caméra ainsi que le cadrage. Pour Hitchcock, raconter une histoire revient à penser des images, structurer des images, assembler des images. Ce n’est pas tant l’ histoire en elle-même qui intéresse le cinéaste, que le potentiel visuel qu’il peut en tirer. Chez Hitchcock, plus que chez tout autre cinéaste, la forme crée le fond, la forme est le fond.

> Pour aller + loin

Le cadrage chez Hitchcock sur le site les Arcs PlastiquesLe voyeur et le voyant par Eric Taane

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