Le livre d'entretiens Hitchcock-Truffaut paru en 1966 est sans doute aujourd'hui encore le livre de cinéma le plus célèbre. L'ouvrage s'appuie sur l'entretien fleuve accordé par Hitchcock à Truffaut durant toute une semaine de l'été 1962.

Faux coupable
Faux coupable © radio-france

Tourné en noir et blanc, Le Faux Coupable n'est pas un thriller mais un drame basé sur une histoire vraie, une erreur judiciaire rapportée par Life Magazine en 1953. C'est l'un des rares films d'Hitchcock dont le scénario colle aussi précisément à la réalité des faits. Le sujet est traité d'une façon réaliste, presque documentaire. Il n'est pas étonnant que cette histoire ait interressé le réalisateur puisqu'elle raconte comment un homme accusé à tort va devoir se battre pour prouver son innocence. Une thématique qu'il a souvent développée dans ses films. "le thème de l'homme injustement accusé procure aux spectateurs un plus grand sentiment de danger," explique le cinéaste "car ils s'imaginent plus facilement dans la situation de cet homme que dans celle d'un coupable en train de s'évader"Dans le Faux Coupable , Henry Fonda interprète un musicien du Stork Club à New York, que l'on prend pour l'auteur de plusieurs hold-up commis dans la même compagnie d'assurances.Alfred Hitchcock a tenu à tourner le film sur les lieux-mêmes du drame. Ainsi, les scènes se déroulant au Stork Club y ont été réellement tournées.Le Stork Club est un club huppé de New York qui a ouvert ses portes en 1929, pour les fermer en 1965. Des personnalités de tous les milieux fréquentaient cet établissement, comme Joséphine Baker, Charlie Chaplin, Bing Crosby, Judy Garland, Ernest Hemingway, Frank Sinatra, Elizabeth Taylor, les Kennedy, les Roosevelt, Marilyn Monroe et bien d'autres. C'est là que Grace Kelly a dévoilé son projet de mariage avec le prince Rainier de Monaco.Caméo : Dans ce film, Alfred Hitchcock ne fait pas son apparition habituelle, bien qu'ayant tourné une scène où il apparaissait brièvement dans un restaurant. Il est présent néanmoins en voix off au début du film.

Voilà ce qu'écrivait François Truffaut dans la revue Art en mai 1957 :"Jamais Hitchcock ne fut plus près de lui-même qu’avec ce film qui risque cependant de décevoir les amateurs de suspense et d’humour anglais tant il y a peu de suspense et d’humour, anglais ou autre. The Wrong man est le film d’Hitchcock le plus pur depuis Lifeboat, c’est le rôti sans la sauce, le fait divers à l’état brut (…). Hitchcock nous offre un film sur la fonction d’accusé, sur le rôle d’accusé, sur l’homme accusé et sur la fragilité des témoignages humains et de la justice : ce film n’a de documentaire que l’apparence et dans son pessimisme, son scepticisme, je le crois plus proche de Nuit et brouillard que des films de Cayatte. De toutes manières, c’est probablement son meilleur film, celui qui va le plus loin dans une direction qu’Hitchcock a choisi de suivre il y a bien longtemps".

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