Le livre d'entretiens Hitchcock-Truffaut paru en 1966 est sans doute aujourd'hui encore le livre de cinéma le plus célèbre. L'ouvrage s'appuie ensuite sur l'entretien fleuve accordé par Hitchcock à Truffaut durant toute une semaine de l'été 1962.

La mort aux trousses
La mort aux trousses © radio-france

Souvent, pour les films d'Hitchcock, l'écriture du scénario se fait à partir d'idées de scènes. Celle de l'avion d'épandage dans La Mort aux Trousses vient de l'envie d'une scène de suspense se déroulant, non pas comme à l'habitude dans un lieu clos, mais au contraire dans un espace complètement aéré, vide, en rase campagne. Les scènes où l'on voit les personnages évoluant dans des sites célèbres (La statue de la Liberté dans Cinquième Colonne, Le siège des Nations-Unies ou le Mont Rushmore dans La Mort aux trousses…) sont bien souvent prétexte à l'utilisation de ces sites comme décor.Le Mont Rushmore dans le Dakota du Sud est un site protégé. Hitchcock obtint finalement l'autorisation des autorités américaines de se servir de maquettes des fameuses sculptures représentant le visage de quatre présidents. La majeure partie a donc été tournée en studio et les détails des statues ont été reconstitués. En revanche, le cinéaste n'eut pas la permission de tourner à l'intérieur du bâtiment des Nations-Unies à New-York. Pour tout de même réussir à avoir des images, il utilisa une caméra dissimulée. Par exemple, pour le plan d'entrée de Cary Grant dans le bâtiment, Hitchcock se trouvait de l'autre côté de la rue. On peut d'ailleurs apercevoir un homme se retournant au passage de Cary Grant, reconnaissant l'acteur. Les moyens de transport jouent un rôle particulier dans bon nombre de films d'Hitchcock. On a souvent vu dans l'image d'un train s'engouffrant dans un tunnel à la fin de La Mort aux trousses un symbole de l'acte sexuel. D'après le critique américain Bill Krohn, devant l'insistance des producteurs à mettre dans la bouche de Cary Grant une réplique indiquant qu'il allait épouser Eva Marie Saint, Hitchcock, légèrement irrité par ce respect des convenances, décida d'introduire ce plan symbolique.

Hitchcock a glissé dans le scénario de la mort aux trousses l'un de ses fameux MacGuffin. Ici, il prend la forme de microfilms dissimulés dans une statuette et contenant des "secrets du gouvernement" – c'est la seule explication qui sera fournie aux spectateurs... Hitchcock voyait là son meilleur "MacGuffin", "le plus inexistant, le plus dérisoire."Pour l'anecdote : Une petite erreur s'est glissée dans le film : lors de la scène se déroulant dans le restaurant jouxtant le Mont Rushmore, on peut voir un jeune figurant se boucher les oreilles déjà quelques secondes avant que le coup de feu ne soit tiré…

Caméo : Hitchcock loupe le bus dont les portes se ferment juste devant lui à la troisième minute du film.

caméo mort aux trousses
caméo mort aux trousses © radio-france
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