Le livre d'entretiens Hitchcock-Truffaut paru en 1966 est sans doute aujourd'hui encore le livre de cinéma le plus célèbre. L'ouvrage s'appuie sur l'entretien fleuve accordé par Hitchcock à Truffaut durant toute une semaine de l'été 1962.

Rebecca
Rebecca © radio-france

"Ce n'est pas un film d'Hitchcock, c'est une sorte de conte et l'histoire elle-même appartient à la fin du XIXe siècle. C'était une histoire assez vieux jeu, assez démodée. Rebecca est une histoire qui manque d'humour." Voilà ce qu'Hitchcock lui même déclarait a posteriori au sujet de Rebecca , sa première réalisation outre-Atlantique, sortie en 1940 et adaptée du roman de Daphné du Maurier.

C'est le tout puissant David O. Selznick qui fait venir Hitchcock aux Etats Unis. Au départ, le producteur souhaite lui confier la réalisation de Titanic, puis change d'avis lorsqu'il achète les droits de Rebecca. Hitchcock est en terrain connu. Son précédent film, l'Auberge de la Jamaïque, était déjà une adaptation de Daphné du Maurier. Hitchcock aime travailler seul, sans interférences. Avec Selznick, il doit justifier ses choix et tenir compte des idées et des remarques du producteur. En cours de production, des tensions surgissent entre Hitchcock et Selznick sur différents points, notamment la fidélité à l'oeuvre adaptée. Selznick, amoureux de littérature, souhaite que des scènes et des dialogues entiers de Rebecca soient fidèlement restitués à l'écran. Ce que refuse Hitchcock. Il se plaint par ailleurs au sujet du "fichu découpage en puzzle" d'Hitchcock, ce qui montre que, pour une fois, ce n'est pas lui, le producteur, qui a eut le dernier mot, mais qu'il a du suivre la vision d'Hitchcock.

Malgré sa longueur, presque 3h, c'est un triomphe, le film obtient 2 oscars pour 13 nominations : Meilleur film et meilleure photographie. Notez qu'aux Etats-Unis, l'Oscar du meilleur film revient au producteur, en l'occurence David O. Selznick, et pas au réalisateur.

Cameo rebecca
Cameo rebecca © radio-france

Caméo : Vers la fin du film, près de la cabine téléphonique, le personnage de Favell raconte au téléphone à Mrs. Danvers la tournure des événements. Cette scène semble avoir été coupée au montage dans certaines versions.

Pour l'anecdote : La silhouette de la gouvernante interprétée par Judith Anderson fut utilisée pour la marâtre du dessin animé Cendrillon (1950) de Walt Disney.

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