Personne n'est éternel, mais ça nous étonne toujours lorsque l'on apprend la mort d'un homme avec lequel nous avons le sentiment d'avoir grandi. Lorsqu'on perd un visage, un personnage aussi familier. Lors de cette soirée rendons hommage à un acteur qui nous a donné tellement de plaisir.

Jean-Paul Belmondo dans "Itinéraire d'un enfant gâté" de Claude Lelouch
Jean-Paul Belmondo dans "Itinéraire d'un enfant gâté" de Claude Lelouch © AFP / Collection Christophe L

Aux côtés de Fabienne Sintès, Laurent Delmas pour évoquer l'acteur Belmondo, et ceux qui l'ont connu devant et derrière la caméra.

Laurent Delmas : "Il faut prendre Belmondo comme un bloc, parce que c'est aussi ça, un acteur. C'est d'abord quelqu'un qui est dans les mains de plusieurs cinéastes qui peuvent être très différents. Et quand on aime un acteur, on est aussi ses différentes facettes. On aime qu'il nous surprenne chez Godard puis qu'il nous impressionne sur un métro aérien." 

Belmondo, c'est une voix. C'est cette voix absolument indéfinissable, cette gouaille parisienne

La Nouvelle Vague refuse la notion de star façon Hollywood, ou française, façon Gabin. Belmondo sera l'exception, Laurent Delmas : "Belmondo n'est pas une star à ce moment là. Mais Belmondo incarne l'exception par rapport aux acteurs référencés Nouvelle Vague que sont Gérard Blain, Jean-Claude Brialy, des gens comme ça, Belmondo détonne dans le paysage là."

Alexandre Arcady a dirigé Jean-Paul Belmondo en 1985 dans Hold Up, avec aussi Jean-Pierre Marielle et Jacques Villeret. Le réalisateur garde une multitude de souvenirs de ce tournage et particulièrement de ce qu'il appelle "des indiscrétions" : "Quand on tourne dans une voiture, les acteurs sont équipés, vous n'êtes pas avec eux, vous êtes dans une voiture qui précède et pendant toute la préparation vous entendez ce qu'ils disent. Ce qui est incroyable, c'est qu'avec Villeret, ils se racontaient le cinéma français, mais en imitant Harry Baur ou Raimu. J'étais au spectacle." 

Quand il était sur le plateau, ce n'était pas la star. C'était Jean-Paul, l'acteur qui est dans un rôle et qui veut jouer. 

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La bande du conservatoire

Françoise Fabian a fait partie de la bande du Conservatoire avec Belmondo, mais aussi Marielle, Vernier, Crémer, Rich ou Girardot, et ce soir, c'est l'ami qu'elle a eu envie d'évoquer : 

En même temps que lui, je perds beaucoup de ma jeunesse. 

"Je suis un petit peu morte en même temps que lui. On s'est connus on avait 19 ans. On a fait les 400 coups. C'était un être très poétique, Il aimait beaucoup, beaucoup rire mais il riait comme un enfant. Il avait une espèce d'innocence extraordinaire.

J'étais toujours entourée de 4 ou 5 garçons. Moi j'étais la petite provinciale qui venait d'Alger et ils m'ont pris sous leurs ailes. Ils ne m'ont jamais manqué de respect, j'étais comme leur petite sœur. C'était une période insouciante, la vie était à nous, Paris était à nous, on devait tout gagner, on était prêt à tout. On n'était pas angoissé comme on peut l'être aujourd'hui. Et puis on s'en foutait de la manière dont on se présentait on n'avait pas d'argent, on s'en fichait."

Belmondo / Delon : les derniers grands fauves

En octobre 2019, pour son numéro spécial 70 ans, Paris Match réunit les deux monstres sacrés pour la photo qui ornera sa couverture. Marc Brincourt est à l'origine de cette idée. Il n'a pas eu trop de mal à convaincre les deux acteurs. Le jour de la séance arrive. Marc Brincourt se souvient : "Alain, très pro, arrive en avance, se fait maquiller, repère les lieux et Jean-Paul est bloqué dans les embouteillages, donc ça traîne, ça traîne et Alain, c'est Alain, il commence à s'impatienter. Et puis Belmondo arrive. Il y a alors une scène formidable. La voiture rentre dans la cour du studio. Alain va jusqu'à la voiture, ouvre la portière. Et là, il y a un regard entre les deux. Ils étaient tellement heureux de se voir et d'être ensemble." 

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