L’enfance de Michel Legrand est jalonnée par deux naissances, la première en 1932 dans un foyer déserté par un père chef d’orchestre peu regardant sous l’Occupation, la seconde en 1940 lors de son entrée au conservatoire et de sa rencontre avec sa mère de musique, Nadia Boulanger.

Michel Legrand
Michel Legrand © Getty

I love Legrand, c’est avant tout une déclaration d’amour à un artiste, I love Legrand, c’est une pulsion pulsation de mon coeur en musique, I love Legrand, c’est l’envie de vous crier qu’une vie comme la sienne passée à noircir des partitions mérite de s’arrêter un moment et de tendre l’oreille. 

Définir l’oeuvre de Michel Legrand est une entreprise délicate tant elle est monumentale et protéiforme. Difficile d’en distinguer les contours, quant aux frontières sur la planète Legrand, elles sont abolies, d’un autre temps… et du temps, il n’en aura jamais assez pour s’essayer à tout: composer des musiques de film, des oratorio, chanter, faire chanter, jouer du jazz, jouer la comédie, passer à  la réalisation. 

Michel Legrand est une créature insaisissable, constamment en mouvement, et c’est ce qui désarçonne, Michel se veut un éternel débutant à la recherche d’une place fraiche sur l’oreiller. Aller de l’avant, ne pas regarder derrière, avancer, prendre des risques. Il a ce sens inné du spectacle:  arrêter en pleine gloire et passer à autre chose. A bien des égards, Michel Legrand est monstrueux, sa connaissance de la musique, son appétit gargantuesque pour la création, ses joies, ses colères. La médiocrité ne fait pas partie de ses possibles, il est l’excès, tantôt dur et irritable, tantôt tendre et romantique. Et méfiez-vous des apparences, sa musique est tout autant complexe, à première vue simpliste et pourtant tellement savante. 

La reconnaissance de son génie viendra surtout d’outre Atlantique, trois oscars pour notre french maestro considéré comme là-bas comme le Gershwin français. La liste de ses collaborations donne le vertige, qui peut se targuer de réunir dans une même vie: Miles Davis, John Coltrane, Maurice Chevalier, Boris Vian, Claude Nougaro, Jacques Demy, Chris Marker, Jean-Luc Godard, Barbra Streisand, Mickael Jackson, les Bergman…

Une plongée dans les racines de Michel Legrand placées sous le signe de la musique. Une enfance en demi-teinte marquée par l’absence du père, Raymond Legrand, chef d’orchestre très populaire et peu regardant pendant l’occupation allemande. Très vite, Michel fait d’un vieux Pleyel son confident, il pianote à longueur de journée jusqu’à son entrée au conservatoire qui signe son 2e acte de naissance. Il rencontrera pendant son apprentissage, sa mère de musique à qui il n’a cessé de rendre hommage, Nadia Boulanger.

Nadia Boulanger
Nadia Boulanger © Getty

Avec la participation de Natalie Dessay, chanteuse/ Alex Beaupain,  musicien / Juliette Armanet, chanteuse / André Ceccarelli, batteur/ Françoise Canetti, éditrice musicale, Jean-Paul Rappeneau, ami et cinéaste / Benjamin Legrand, fils /  Benjamin Legrand, frère/ Macha Méril, comédienne et épouse  / Jean-Michel Defaye, ami d’enfance et arrangeur/ Stéphane Lerouge, biographe/ Bertrand Dicale, journaliste /  Didier Varrod, journaliste / Laurent Delmas, journaliste

Titres diffusés

1 - L’été 42,  interprété par Michel Legrand

2 - Les grands musiciens, interprété par Michel Legrand (1964)

3 - Trombone, guitare et compagnie, interprété par Michel Legrand (1965)

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