Petra Herrera, également connue sous le nom de "Pedro Herrera", était une révolutionnaire. On ne sait presque rien sur elle avant qu’elle ne se fasse connaître de singulière façon au cours de la Révolution Mexicaine qui éclate en 1911.

On sait en revanche qu’au Mexique avant cette Révolution, sous la présidence dictatoriale et corrompue de Porfirio Diaz, soutenu par les Etats Unis, c’est le règne de l’arbitraire et de la violence. Violence contre les syndicats, violence contre les paysans exploités. 

Quant aux femmes, elles n’ont ni droits civils, ni droits politiques et subissent l’oppression patriarcale, avec l’assentiment de la toute puissante église catholique. La réforme agraire était un des objectifs de la Révolution. On peut donc penser qu’en tant que  paysanne pauvre d’origine indigène, et en tant que femme désireuse de s’émanciper, Petra Herrera avait de bonnes raisons de se rallier à cette révolution.

Pour pouvoir rejoindre les troupes du Général Pancho Villa, qui pour être révolutionnaire n’en admettait pas pour autant les femmes dans son armée, (si ce n’est pour s’occuper du ravitaillement et des tâches subalternes), Petra Herrera, après s’être coupé les cheveux, s’habille en homme ; se bande les seins ; prend  une voix grave et se fait appeler  Pedro. 

Très vite Pedro se révèle particulièrement apte au commandement, devient un redoutable tireur à la carabine ; expert en explosifs, il n’a pas son égal pour faire sauter les ponts. Pour mieux donner le change, Petra alias Pedro, à l’aube, fait ostensiblement mine de se raser avant ses deux cents hommes.

Mais lassée de ces stratagèmes, Pedro décide de redevenir Pétra. Elle laisse repousser ses cheveux et affirme "Je suis une femme et je vais continuer à servir comme soldate". L’armée révolutionnaire qui reconnaît les services qu’elle a rendus, refuse pourtant de lui accorder un rang militaire. 

Un de ses exploits les plus glorieux est la prise de Torreon, le 30 mai 1914, prise d’une grande importance stratégique, où Petra monte à l’assaut à la tête de 400 femmes soldats, les soldaderas. Cet épisode fameux est immortalisé dans un corrido, chant révolutionnaire, qui exalte son courage et sa beauté. 

L’histoire, écrite par des hommes, se devait donc de banaliser les exploits des soldaderas et de romantiser leur engagement pour effacer la menace qu’elles représentaient pour le machisme dominant.

Malgré cela Pancho Villa ne reconnaît pas les mérites de son action. En réaction à ce dédain, Petra crée alors un bataillon révolutionnaire non-mixte d’un millier d’insurgentes. Pour qu’aucune de ces femmes ne se fasse harceler la nuit; leur campement est interdit aux hommes et les sentinelles ont ordre de tirer sur tout intrus. Pancho Villa (désolé d’écorner son mythe) se montrera constamment méprisant, voire violent envers les soldaderas. 

Un autre leader de la révolution Alvaro Obregon n’hésitera pas à se servir de certaines d’entre elles et de leurs enfants comme bouclier humain.  En 1917, Petra Herrera s’allie à Venustiano Carranza. Ce général instituera un fonds de pension pour les veuves de ses soldats. Elu président de la République en 1915, les réformes sociales qu’il insuffle font avancer les droits des femmes. Grâce à lui, Pedra Herrera à défaut d’être nommée générale est promue au grade de Colonel. 

La paix revenue, on perd la trace de Pedra. Elle aurait travaillé comme espionne et serveuse dans un bar de Jimenez, où elle aurait été assassinée par des contre révolutionnaires. Selon une légende elle aurait formé une brigade de 25 000 femmes et vécu dans un campement où aucun homme ne pouvait entrer. 

D’autres soldaderas combattantes sont passées à la postérité. Petra « Echa Balas » Ruiz María Quinteras de Mera, Rosa Bobadilla, Angel(a) Jiménez, Señora Pimental, Amelia Robles Ávila. 

Un jour je vous raconterais peut-être leurs exploits. 

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