Hélène Boucher décide de devenir aviatrice afin de venger la mort d'un ami de son frère, le pilote d'essai Jean Hubert. Elle passe son baptême de l'air le 4 juillet 1930, à 22 ans.

Hélène Boucher au Bourget en 1929
Hélène Boucher au Bourget en 1929 © Getty

Hélène Boucher naît le 23 mai 1908 à Paris. Son père est un architecte de renom qui conçut à Paris de nombreux immeubles de style Art Nouveau. Bien que douée pour le dessin aussi, Hélène, surnommée Leno, s’intéresse plutôt à la mécanique. A 16 ans, elle passe son permis de conduire et se passionne pour l’aviation. 

Dans les années 1930, les aviateurs, plus que les chanteurs, font la une des journaux et sont les idoles des jeunes de l’époque. Mais l’aviation alors en plein essor (c’est le cas de le dire) reste la chasse gardée des hommes. Certes en 1911, l’aviatrice Jane Hervieux avait ouvert une école d’aviation exclusivement réservée aux femmes (l’idée sera reprise dans beaucoup de pays) après la première guerre mondiale, mais les femmes, en France, ne sont pas autorisées à faire une profession du transport aérien.

Pourtant, en dépit du machisme ambiant, Hélène Boucher, décide à 22 ans de vouer sa vie à l’aviation : "Voler est la seule chose qui me donne l’impression d’être vivante". Henri Liaudet, ancien pilote de guerre, est son instructeur. Très vite la jeune femme se révèle excellente aviatrice ; grâce à un couple de mécènes, car ça coûte cher, elle obtient son brevet de pilote de tourisme, puis son brevet de pilote professionnelle de transport public. Elle est la quatrième femme française à le décrocher après Adrienne Bolland, Maryse Bastié et Maryse Hilsz. Brevet hélas obtenu en vain, car sur les lignes aériennes, seuls des pilotes hommes sont engagés. Les femmes sont vouées à être hôtesse de l’air (la première pilote de ligne française admise dans un cockpit, Jacqueline Dubut, ne le sera qu’en 1967, sur Air Inter)

En attendant Hélène Boucher s'achète un petit avion d'occasion. Dès juillet 1932, au cours du rallye aérien Caen - Deauville, une panne la contraint à atterrir en catastrophe. Elle évite le crash, amortissant sa chute dans les branches d'un arbre où son avion reste perché ! Pas de quoi effrayer Hélène qui s’en sort indemne et n’a de cesse d’aller de plus en plus vite, de plus en plus loin et de plus en plus haut. En 1933, elle participe au raid Paris - Saïgon puis elle bat le record du monde d'altitude féminin pour avion léger deuxième catégorie, grimpant à 5 900 m.

Toujours en 1933 - quelle année ! - elle se lance dans la voltige et en quelques mois, devient une des meilleures acrobates aériennes du monde. Lors des meetings aériens, très à la mode à l’époque, des milliers de gens frissonnent en la regardant effectuer boucles, loopings et piqués d’une audace inouïe. Hélène devient une star adulée. Le patron de Caudron - Renault l’engage pour tester la maniabilité de ses avions et lui confie la promo de la voiture de prestige"Vivastella Grand Sport".                                                                               

Si haut monte -t-elle, Hélène Boucher n’en perd pas de vue pour autant ses concitoyennes : aux côtés de deux autres aviatrices, Maryse Bastié et Adrienne Bolland, elle rejoint le combat féministe et milite activement en faveur du droit de vote pour les Françaises, au sein de l’association ‘’les femmes nouvelles’’ créée par Louise Weiss. 

Le 8 août 1934, elle continue à battre des records ; emporte le titre de championne du monde de vitesse toutes catégories sur 100 km à 412 km/h, ainsi que le record des 1000 km à la moyenne de 409 km/h. Le 11 août, elle s'adjuge le record du monde féminin à 445 km/h. 

Le 30 novembre 1934, Hélène Boucher, aux commandes de son Caudron Rafale, se tue lors d'un vol d'entraînement sur l'aérodrome de Guyancourt. Elle avait 26 ans.

Un hommage national lui est rendu en l'église Saint-Louis-des-Invalides à Paris. Elle est la première femme à recevoir un tel honneur. De nombreuses avenues et établissements scolaires portent son nom qui me porta chance puisque que c’est au Lycée Hélène Boucher, cours de Vincennes, à Paris que jadis, j’ai passé (brillamment bien sûr) l’oral du Capes. Total respect ! 

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