Elizabeth "Bessie" Coleman, la première femme pilote afro-américaine et amérindienne, a réussi à détenir une licence de pilote en 1921. Bessie a dû franchir beaucoup d’obstacles qui entravaient son objectif de devenir pilote d’avion dans une société où être noire et femme étaient un double problème...

Bessie Coleman, la première femme noire au monde à pouvoir piloter / 1920.
Bessie Coleman, la première femme noire au monde à pouvoir piloter / 1920. © Getty / GettyImages

Dixième d'une fratrie de treize enfants, Bessie Coleman est née en 1892 à Atlanta. Susan, sa mère, est noire. Georges, son père, est métis : un grand-parent noir et trois grands-parents indiens. En 1901, ne supportant plus la ségrégation raciale imposée par les lois Jim Crow, Georges part pour l’Oklahoma où la pleine nationalité est accordée aux Amérindiens. Mais Susan ne le suit pas. Afin d'échapper au travail dans les champs de coton, Bessie tente de suivre des études supérieures à la Colored Agricultural and Normal University, mais faute d’argent elle doit renoncer et travaille comme blanchisseuse.  Elle rejoint ensuite son frère Walter à Chicago et trouve un emploi de manucure.

Quand les Etats-Unis entrent en guerre aux côtés des alliés, Walter est incorporé dans l’US Army et participe aux combats. De retour, il raconte à Bessie les exploits des pilotes de chasse, dont ceux d’Eugène Bullard, extraordinaire personnage et premier pilote afro-américain. Bessie se passionne pour l’aviation, admire les héros de cette naissante épopée et rêve de devenir elle aussi pilote. Des rêves qui se heurtent à l’âpre réalité de la ségrégation. Rappelons qu’en 1919 à Chicago, les émeutes raciales de ’’l’été rouge’’ causèrent 38 morts et 500 blessés. Dans ce contexte, aucune école de pilotage n’accepte de former des élèves noirs, encore moins une femme noire. 

Heureusement, Robert Abott, un riche afro-américain habitué du salon de manucure, à qui elle fait part de sa déception en lui polissant les ongles, lui conseille d’aller apprendre à piloter en France où ‘’les Noirs américains sont cordialement reçus et traités comme toute autre personne’’.

Il l’aidera financièrement. Et après sept mois d'entraînement, en Picardie, à l’école de pilotage de Caudron du Crotoy, le 15 juin 1921, Bessie obtient la licence de pilote de la Fédération aéronautique internationale, devenant ainsi la première femme noire et la première afro-américaine pilote d’avion.

En septembre 1921, elle est de retour aux USA. Toute la presse salue sa réussite. Invitée d'honneur de Shuffle Along, une comédie musicale entièrement jouée par des acteurs noirs qui triomphe à Broadway, elle est ovationnée. Interviewée par un reporter du Chicago Defender, elle déclare :

Il faut que nous ayions des aviateurs si nous voulons être en phase avec notre époque. Je ne pourrai jamais être satisfaite tant que nous n'aurons pas des hommes de notre race qui sauront voler. 

Pour un pilote, le seul moyen de gagner de l’argent consiste alors à se produire au péril de sa vie dans un de ces cirques aériens qui attirent des foules considérables. Faute d’instructeur qui accepte de la former à la voltige, Bessie se rend à nouveau en Europe.… Elle n’a qu’un but : ouvrir une école de pilotage pour les Noirs américains : ‘’Ma grande ambition est de  faire de la  Case de l'oncle Tom,un hangar en créant une école d'aviation’’. 

Pour rassembler des fonds, elle donne des conférences, fait de la pub pour des pneumatiques et se produit dans des shows aériens. Dans ses efforts, elle est soutenue par des militants des droits civiques.
Mais le 27 avril 1926, à Jacksonville, âgée de 33 ans, elle meurt tragiquement dans le crash de l’avion Curtiss qu’elle avait enfin réussi à acheter !     

A Chicago, plus de 10 000 personnes viendront se recueillir devant son cercueil. Le rêve de Bessie Coleman se réalisera un peu plus tard. En effet, en 1928, le lieutenant William J. Powell fonde la_Bessie Coleman Flying School  _à Los Angeles.

En 1931, un groupe de pilotes afro-américains originaires de Chicago survolera le Lincoln Cemetery en répandant des fleurs sur sa tombe. Depuis, d’autre pilotes perpétuent chaque année cet hommage aérien. 

  • De nombreuses rues et lieux publics portent désormais son nom à Waxahachie, Atlanta et Chicago. 
  • En 1992, le 2 mai est déclaré Bessy Coleman Day in Chicago par le Maire de Chicago de l'époque, Richard M. Daley.  
  • En 1995, la poste américaine émet un timbre lui rendant hommage. 
  • En 2006, elle entre au National Aviation Hall of Fame.

Total respect pour Bessie Coleman !

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