Comme chaque année, Twitter vient de publier son bilan : quels événements, quelle actualité, quelles personnalités ont fait 2016 sur le réseau social ?

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Hashtag © Getty / Cláudio Policarpo / EyeEm

C’est l’histoire d’un mois de janvier…

Mois qu’on préférerait oublier, premier d’une longue série de mois avariés. A lui d’ouvrir le bal - ils sont douze au total - pour une longue année qui ferait mieux de s’en aller. Janvier de cette année, pour être précis le 10, c’était, « rest in peace Bowie ». Repose en paix Ziggy. David Bowie fauché, Twitter a saturé, saturé du hachtag RIP. Ô oui, Bowie, on va beaucoup te pleurer. Ah, non, pas le temps, désolée, car voici débouler un autre rest in peace – cette fois c’est le kid de Minneapolis. Prince aussi a décampé, c’était pourtant le printemps mais, que vous dire, décidément, 2016 ça fait mal aux plus grands.

Un à un les mois passent, un à un ils trépassent. L’année est mortifère, en 140 caractères, sur la planète entière, on partage son chagrin, on se dit orphelin. Orphelin de ceux qui, petits nous ont bercés. Totem d’adolescences évanouies, en fumée, vestiges d’un autre siècle déjà bien enterré, derniers témoins d’un monde sur le point de sombrer ? Peut-être… Un peu de nostalgie, un peu de mélancolie, de la tristesse sourde aussi : l’oiseau Twitter ne pépie plus, il est perdu, largué, paumé, encore plus déplumé au mois de Novembre de cette année. RIP, Leonard Cohen, RIP. Mais avant lui y a eu, Papa Wemba et puis Ettore Scola, et puis Andrez Wajda. Avant, pendant, après : Mohamed Ali, Andrejz Zulawski, Abbas Kiarostami et c’est sûr, j’en oublie. La liste s’est allongée, tout au long de l’année. Plus de 18000 fois, on a du modifier, la page Wikipédia qui remonte les morts de tout le calendrier. Alors vous savez quoi ? 2016, va te faire RIP. C’est pas de moi, j’aurais aimé mais… C’est Madonna, qui a tweeté : « fuck you, 2016 ». Colère épidermique, au énième mort de la musique annoncé - George Michael, RIP. Le soir de Noël, il est décédé. Climax de l’année ? Non, il se l’est fait voler, au poteau coiffé par Carrie Fisher, terrassée, elle aussi, par cette sale année, Princesse Leia, que la force soit avec toi. Depuis hier Twitter te salue bien bas…

Twitter qui a connu - ouf, on n’y croyait plus - quelques vivas, quelques holas, cette année. Les JO de Rio, événement le plus tweeté : 187 millions de tweet échangés. Michael Phelps, Teddy Riner, Usain Bolt, rois incontestés. C’est des records, ça revigore. On admire l’effort, on en veut encore. L’âme de Coubertin réjouit l’esprit chafouin. Le sport, c’est sain. Et la compète, ça fait du bien. Enfin, quand on la gagne haut la main. Que de dire des Français, ce soir du 10 juillet. Battus, déconfits, stupéfaits… Oui, c’est le Portugal qui l’emporte cette finale de l’euro. 1-0… Score inattendu, sur Twitter, on a la berlue. Alors on tweete, et on retweete et on retweete plus vite : résultat le voilà, le topic de l’année, chez nous, côté français. L’Euro de football sujet premier des twittos déchaînés…

Issue incongrue, pas vu venir, non plus : Donald Trump, grand vainqueur et Twitter tremble de peur. Trump tireur d’élite, voyez comme il tweete : il insulte, il vomit, il tire à vue : ici, il le sait, il faut faire du bruit. Politique étrangère ? 140 caractères. Programme économique ? Hop ! Une formule magique. Mais ça marche, c’est clair : 13 millions de followers, une armée d’abonnés, Donald Trump sait compter, ça y est, oui il est « personnalité de l’année ». Pas en France, non, c’est celui qui déjà en terme d’audimat a mis tout le monde échec et mat : Cyril Hanouna, phénomène médiatique, animateur boulimique, tweetos endémique. 5320 tweets sur une petite année. On dit vulgarité, il tacle : notoriété. Et paf, 4,2 millions d’abonnés.

Trump, Hanouna, sacrés, si ce n’est maîtres à penser, du moins, maîtres à tweeter. C’est qu’ils font oublier, le pire de cette année. La peine maximum. Le choc : comme un seul homme, les twittos ont tweeitté, en mars, en juin, en juillet. Bruxelles, Orlando, Nice, promenade des Anglais. On y était ou pas, mais, via Twitter on y va. Solidarité, fraternité, messages de paix, ou de proches inquiets. On ne veut pas oublier, non mais. Arrive Noël, Berlin et son marché. A nouveau l’horreur, à nouveau, la stupeur, et toujours sur Twitter, déferlante d’humeurs, parmi elles, celle-ci, une anonyme qui écrit : « Je suis Charlie, Bataclan, Bruxelles, Orlando, Alep, Nice, Berlin, le monde, je suis épuisée, mais on se relèvera ».

Alors, 2016, salut à toi.

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