Il était le plus Français des Roumains. Exilé de son pays, il avait adopté la France à partir de 1937 comme patrie d’expression et comme pays d’écriture.

Emil Cioran chez lui à Paris en 1986
Emil Cioran chez lui à Paris en 1986 © Getty / Louis MONIER

Il tirait de ses insomnies autant que du paradis perdu de son enfance et d’un patriotisme ambigu des recueils d’aphorismes et des ouvrages plus savants empreints d’un apparent nihilisme

Nom : Cioran 

Prénom : Emil 

Naissance : 8 avril 1911 dans un village de Transylvanie alors hongroises. Son village Rasinari, est resté pour lui le paradis de l'enfance. Son père en était le pope. 

Etudes secondaires : A 10 ans, première rupture existentielle : il est arraché à son village pour aller faire ses études au lycée de Sibiu où il obtient le bac en 1928. 

Etudes supérieures : En 1937 il éprouve un grand bonheur quand il obtient une bourse qui sera longtemps renouvelée pour aller préparer à Paris une thèse improbable. Il dira moins qu’il en avait obtenu une, auparavant pour l’Allemagne de Hitler en 1933-35.

Donc il aime la France qu'il parcourt en vélo, Paris où il s'établit et le français qu'il adopte en 1947 comme langue de son écriture.

Son mariage ? Il ne faut pas compter sur lui pour parler de Simone Boué épousée en 1942, agrégée d'anglais, personnalité remarquable qui fera vivre le ménage, installé dans un appartement assez modeste et mansardé pour passer pour un ermitage mais en plein centre de Paris. 

Ses œuvres : des textes souvent brefs, grand style mais pas vieille France. Son « Précis de décomposition » marque l'année 1950. « La tentation d'exister », « La chute dans le temps », « L'inconvénient d'être né » trouvent leur chemin. Il prétend avoir de moins en moins de lecteurs ou bien des lecteurs déclassés. Néanmoins dans les années 1980. François Mitterrand l’apprécie. Il aime les personnalités complexes.

Retour en Roumanie ? Au grand jamais. C'est plutôt la Roumanie qui fait son retour après la chute du communisme. Les Roumains se souviennent de son œuvre première dans leur langue - et qui n'est pas secondaire dans sa vie. L'enfer, dit-il, c'est de ne pas pouvoir oublier.  

Eh oui, il a été fasciste pour ne pas dire davantage. Comment assumer cela en plein jour ? "J'ai horreur des jeunes, cela me fait me souvenir de ce que j'étais à leur âge". 

Il va finir par cesser d'écrire et son silence deviendra Alzheimer.

Sa mort : En 1995. Enterrement en grande pompe à l'église orthodoxe roumaine. Publication, peu après, par Simone Boué de ses très beaux Cahiers.

Ouvrages d'Emil Cioran :

  • Œuvres Gallimard - Bibliothèque de la Pléiade
  • Transfiguration de la Roumanie L’Herne
  • Lettres à Armel Guerne 1961-1978 L’Herne
  • Cahiers 1957-1972 Gallimard
  • Cahier Cioran (dirigé par Laurence Tacou et Vincent Piednoir) Editions de L'Herne

Autres ouvrages :

  • Stéphane Barsacq Cioran : éjaculations mystiques Seuil
  • Georges Banu Une lumière au cœur de la nuit. Le lustre, de l’intime à la scène Arléa
Emil Cioran
Emil Cioran © Getty
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