Rouch est mort en 2004 au Sahel après 60 ans de cinéma. Avec un groupe de copains noirs il y avait pratiqué une ethnologie partagée. Non sans s'être livré avec les mêmes, en France, à l'ethnologie renversée. Les Noirs observaient alors les Blancs. Et toujours d'un cœur léger, très "Nouvelle Vague".

Jean Rouch au Festival international du film de Venise en 1984
Jean Rouch au Festival international du film de Venise en 1984 © AFP / MARCELLO MENCARINI / Leemage

Naissance : 31 mai 1917. Fils de Luce et Jules Rouch qui l’initient tous deux au voyage et à toutes les curiosités.

Etudes : L’Ecole des Ponts et Chaussées. Après la guerre de 39-40 où il a été mobilisé, il s’engage comme ingénieur des Travaux Publics au Niger. A Paris, il a participé à la manifestation anti nazie du 11 novembre 1940 mais l’Afrique occidentale française reste pétainiste. Ses supérieurs l’invitent à "ne pas se bougnouliser".

Débuts dans l’ethnologie : Quand une douzaine de ses manœuvres meurent dans un accident dont leurs camarades disent qu’il a été provoqué par le génie du tonnerre, il commence à comprendre l’importance des mythes et des rituels. Une partie du travail d’ethnographe qu’il commence sera orientée vers cette étude.

Débuts dans le cinéma : Dès l’expédition de neuf mois qu’il mène jusqu’aux sources du fleuve Niger qui sera désormais son apanage. Il est un des inventeurs du cinéma ethnographique comme du cinéma-vérité.

Et quelle profession officielle : Chercheur au CNRS. Jean-Luc Godard dira : "chargé de recherches au Musée de l’Homme". Y a-t-il un plus beau titre ?

Avec ses méthodes de tournage légères, il est d’ailleurs un des initiateurs de la Nouvelle Vague.

Œuvres principales : Outre le bloc consacré aux rites et à la magie centrée sur le pays songhaï, un autre pan de son travail est voué aux migrations en Afrique de l‘Ouest. "Les maitres fous" décrivent un rituel extrême auquel se livrent les migrants du Niger contraints d’aller travailler au Ghana. Rouch le voit pour ce qu’il est : une tentative de subvertir l’ordre issu de la colonisation. Mais Rouch tourne aussi souvent dans sa tribu, la France : ainsi "Chronique d’un été".

Sa mort : En mission, toujours, au Niger, dans un accident de la route. En février 2004. Il est enterré au cimetière chrétien de Niamey.

Ouvrages de Jean Rouch :

  • Alors le Noir et le Blanc seront amis - Carnets de mission 1947-1951 Fayard
  • Cinéma et Anthropologie - Textes réunis par Jean-Pierre Colleyn Cahiers du Cinéma / INA
  • Les hommes et les dieux du fleuve. Essai ethnographique sur les populations Songhay du Moyen Niger 1941-1983 Actes Sud

Autres ouvrages :

  • Jean Rouch, l'homme cinéma - catalogue de l'exposition à la BNF en 2017
  • Paul Henley L’aventure du réel. Jean Rouch et la pratique du cinéma ethnographique PUR
  • Maxime Scheinfeigel Jean Rouch CNRS Editions

Filmographie :

  • Jean Rouch aux Éditions Montparnasse, 2005 - coffret de 4 DVD
  • Jean Rouch un cinéma léger ! aux Éditions Montparnasse - coffret de 10 DVD

Tënk, plateforme SVoD indépendante dédiée au documentaire d'auteur, met à disposition des auditeurs d'Intelligence Service, gratuitement jusqu'au samedi 11 septembre, le film de Jean Rouch et Edgar Morin "Chronique d'un été".

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