Jean-Louis Bourlanges, Gérard Miller et Vincent Trémolet de Villers sont les invités de France Inter pour analyser les résultats du second tour de l'élection présidentielle.

Vincent Trémolet de Villers, Gérard Miller et Jean-Louis Bourlanges invités de la spéciale présidentielle de France Inter
Vincent Trémolet de Villers, Gérard Miller et Jean-Louis Bourlanges invités de la spéciale présidentielle de France Inter © Radio France / Capture d'écran

Jean-Louis Bourlanges, ancien député européen, Gérard Miller, écrivain et soutien de Jean-Luc Mélenchon et Vincent Trémolet de Villers, rédacteur en chef des pages Débats-Opinions du Figaro, sont les invités de France Inter pour analyser les résultats du second tour de l'élection présidentielle. Pour Jean-Louis Bourlanges qui soutient Emmanuel Macron, la victoire du candidat En Marche c'est "un homme qui, il y a un an n'était rien, et se retrouve élu par deux électeurs qui expriment leur suffrage sur trois. Il défie complètement les lois de la Ve République, c'est la marque d'un changement très fort".

Pour Gérard Miller en revanche, "c'est l'âge du nouveau président qui me frappe le moins". Le psychanalyste détaille que selon lui, "à 39 ans tout est joué" :

"A 20 ans il s'est orienté vers la finance, vers 30 il s'est orienté vers l'Elysée et M. Hollande, il y a peu de chances qu'on le voie changer à 40 ans".

"Nouvelle sensibilité"

Vincent Trémolet de Villers, quant à lui, est plus marqué par "le poids incroyable de la communication politique" dans la campagne, jusqu'au discours d'Emmanuel Macron au Louvre dimanche soir : "On a vu une nouvelle sensibilité démocratique hier, qui mêle à la fois la rhétorique du vainqueur de l'entreprise, de l'éternel gagnant, et la vieille symbolique représentée par le Louvre et l'Ode à la joie", explique-t-il.

Un mélange des genres pas si marqué selon Jean-Louis Bourlanges, et surtout bienvenu : "Tout le monde dit que le problème central de la politique française, c'est l'éloignement de la société civile, et là nous avons effectivement quelqu'un qui a une relation nouvelle au pouvoir", explique-t-il, se félicitant que cette campagne marque "une prise en compte en France de la logique des structures de débat qui se déroulent sur le plan européen".

Des mesures "opposées à la majorité" ?

Gérard Miller, qui a soutenu Emmanuel Macron dans l'entre-deux tours malgré son soutien initial à Jean-Luc Mélenchon, tient à rappeler que sur le fond, "ce jeune homme a un programme qui est pour beaucoup d'électeurs absolument terrible. On parle de quelqu'un qui a dit que pendant que nous serons en vacances il y aurait des ordonnances pour faire passer des mesures qui sont à l'opposé de la majorité", dit-il. Jean-Louis Bourlanges lui répond que "les ordonnances, c'est quelque chose qui est dans la constitution (...) c'est une procédure normale d'élaboration des lois en période d'urgence, ce n'est pas du tout quelque chose qui défie le parlement".

A cela, le psychanalyste répond que "ça veut dire que de même que le Président peut décider de la guerre sans passer parlement, il a les moyens de prendre toute une série de mesures qui ont amené des millions de personnes à être dans la rue", et qu'il "n'a pas du tout voté pour le renouveau de la loi Travail".

"Vous êtes en train de me dire que j'ai été trompé, je croyais voter pour M. Macron contre Mme Le Pen, ne me dites pas que j'ai voté pour lui pour la loi Travail" (Gérard Miller)

Assez légitime pour réformer ?

A Jean-Louis Bourlanges qui cite Valéry Giscard d'Estaing qui affirmait que pour pouvoir faire des réformes "il faut deux Français sur trois", Vincent Trémolet de Villers répond que "c'est un Français sur quatre qui a voté pour le projet d'Emmanuel Macron".

Pour Gérard Miller, "tous ceux qui se sont abstenus, ceux qui ont voté blanc et ceux qui ont voté Macron contre Le Pen ont le droit au même respect, ils étaient contre madame Le Pen". Réponse de l'ancien député européen Jean-Louis Bourlanges : "Les gens qui se sont abstenus n'ont pas voté contre Mme Le Pen". Vincent Trémolet de Villers tente alors une synthèse : "Pour vous réconcilier on peut dire que c'est un héros positif qui a participé à une élection négative".

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