Hassan Rohani
Hassan Rohani © Radio France

Les Iraniens ont élu vendredi un président modéré. Retour sur la victoire dès le premier tour du modéré Hassan Rohani avec Bernard Hourcade, directeur de recherches au CNRS et spécialiste de l'Iran et auteur de "Géopolitique de l'Iran".

L'élection de ce dignitaire religieux "modéré" a déclenché des scènes de liesse dans les rues de Téhéran, où la jeunesse iranienne a célébré sa "revanche" sur la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad il y a quatre ans, et sur la répression du mouvement de contestation qu'elle avait provoquée.

Certains ont effectué le V de la victoire et scandé des slogans en faveur de Mirhossein Moussavi, candidat réformateur malheureux en 2009. "Moussavi, Moussavi, j'ai repris ton vote"et "Moussavi, Moussavi, bravo pour ta victoire", ont crié ses partisans.

Selon Alireza Nader, analyste du centre de réflexion Rand Corporation :

Il y a des raisons d'être optimiste à propos de la victoire de Rohani. Il est calme, pragmatique et plus raisonnable que la plupart des hommes politiques iraniens. Mais il faut être très prudent. Rohani fait partie du système, ce n'est pas un réformateur. Il a fait figure de candidat d'alternance par rapport à des gens comme l'ancien président Mahmoud Ahmadinejad. Cela mettait la barre bien bas.

L'un des premiers tests des intentions du nouveau président et, par ricochet, de la disposition de l'ayatollah Khamenei à accepter un assouplissement de la ligne dure adoptée ces dernières années, sera le sort réservé à Mirhossein Moussavi et Mehdi Karoubi, l'autre chef de file du "mouvement vert" de2009, placés en résidence surveillée depuis deux ans. Leurs partisans ont multiplié les appels à leur libération pendant la campagne électorale, y compris pendant les meetings de Hassan Rohani, et ne comprendraient pas que ce dernier n'agisse pas en leur faveur.

Pour Ali Ansari, professeur à l'université de St-Andrew, en Ecosse :

La victoire écrasante de Rohani devra se traduire en actes, et pas seulement cosmétiques, mais cela voudrait dire qu'un certain nombre de personnes admettent que les huit dernières années ont été une aberration. Je ne perçois pas ce changement de ton quand je lis (le journal conservateur) Kayhan. J'ai encore des réserves.

Ces réserves sont d'autant plus grandes que la complexité et l'opacité du système politique iranien limitent grandement la marge de manoeuvre du président.

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