Au lendemain du second tour des législatives, Alexis Corbière, élu député pour la France insoumis, est l'invité du 7/9. En deuxième partie, le député réélu LR Eric Ciotti.

S'il se réjouit de voir "des élus si nombreux", le nouveau député met toutefois l'accent sur un autre grand vainqueur de ce scrutin : l'abstention. "Les gens qui s'abstiennent s'éloignent de plus en plus de l'action civique, ils ont une forme de dégoût, ils n'y croient plus", regrette-t-il. "Cette Ve République, elle ne fonctionne pas".

Conséquence de cette abstention : un vrai problème de légitimité pour le gouvernement, selon Alexis Corbière. "Quand on est élu avec une base électorale aussi réduite, on doit le voir. Il n'y a pas aujourd'hui de majorité pour lancer une modification en profondeur du Code du Travail", comme le prévoit le gouvernement Philippe. D'autant plus que le contexte autour de cette réforme est très tendu, avec un risque de mobilisation massive à la rentrée. Mobilisation que le député veut soutenir : "Si les confédérations syndicales jugent utile d'appeler à manifester, les parlementaires que nous sommes seront à leurs côtés."

Quand au fonctionnement de l'Assemblée, il dépendra des conditions de constitution du groupe à gauche, et des conditions d'un accord avec le PCF. Pour Alexis Corbière, il n'y aura pas de "cuisine politique" : "Je souhaite avoir des relations politiques avec tous ceux qui sont d'accord avec ce que nous voulons faire. Sera pôle de ralliement ce qui sera clair et cohérent, et plus il y aura de monde dans ce groupe, mieux ce sera." Avant d'ajouter qu'à titre personnel, il estime que "ce serait bien que ce groupe soit présidé par Jean-Luc Mélenchon". Ce qui nécessitera d'abord de l'en convaincre.

Eric Ciotti : "Si certains ne nous avaient pas tiré dans le dos, nous aurions une centaine de députés en plus"

Autre invité de cette matinale spéciale, le député tout juste réélu Eric Ciotti. Pour lui aussi, l'abstention est "un premier désaveu pour En Marche. L'abstention érode leur légitimité". Il s'en félicite d'autant plus que cela met en difficulté certains candidats de droite qui ont choisi de soutenir le mouvement présidentiel. Pour lui, il faudra aussi une clarification de la part de candidats "qui ne se sont pas vus opposer de candidats En Marche. Ils sont liés par la majorité [...] On ne peut pas être à la fois dans un parti ou dans l'autre", ajoute-t-il, avec une certaine amertume. "Si certains ne nous avaient pas tiré dans le dos, nous aurions une centaine de députés en plus."

En tous les cas, ces deux élections successives ont été des coups durs pour la droite française. "Notre famille politique a subi un échec", reconnait Eric Ciotti. "C'est l'opportunité de reconstruire un mouvement de droite populaire. Mais nous ne nous renouvellerons que dans la fidélité à nos idées, sans compromission". Il estime également que pour présider le futur groupe LR à l'Assemblée, le candidat idéal serait à nouveau Christian Jacob, "qui a mené une belle bataille, qui a soutenu les candidats avec François Baroin". Une petite entorse à l'esprit de renouvellement qui semble souffler sur l'Assemblée.

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