Le secrétaire d'Etat chargé de l'Enseignement et de la Recherche est l'invité de Patrick Cohen, au lendemain du premier tour de la primaire de la droite et du centre.

Thierry Mandon
Thierry Mandon © Maxppp / Vincent Isore

Thierry Mandon voyait-il, comme beaucoup à gauche, Nicolas Sarkozy écraser ses concurrents dans la primaire de la droite et du centre ? "J'étais dans une perplexité réelle, tant ces primaires se jouent sur deux registres : la droite choisit son candidat (...) ce ne sont pas les électeurs de gauche qui ont fait le résultat ; et cela dit aussi qu'on est dans une société qui attend de ses hommes politiques des façons d'être, des attitudes".

"On est face à deux personnes qui ont une cohérence entre l'image qu'ils donnent de leur vérité intérieure et leur programme".

"On peut faire tous les reproches qu'on veut à François Fillon et Alain Juppé, mais ils ont une forme de constance qui doit être prise en compte", dit le secrétaire d'Etat chargé de l'Enseignement supérieur et de la recherche. "Ce vote est anti-bling-bling : et c'est ce qui fait le succès de cette primaire. Quatre millions de Français ont dit qu'ils attendaient du débat politique aussi autre chose que des chicaillas incessantes".

La droite a choisi "celui qui est vraiment de droite"

Que change l'élimination de Nicolas Sarkozy pour la gauche ? "Rien", assure Thierry Mandon. "Les Français ne font pas de la politique politicienne ! Les Français de droite ont choisi celui qui était vraiment de droite, le plus libéral et celui qui s'est engagé à faire le contraire de ce qu'il a fait à Matignon", explique-t-il. Et au-delà, "sur le plan culturel, il y a une sorte de raidissement qu'il faut aussi prendre en compte".

Sur la question de la réduction du nombre de fonctionnaires, pour Thierry Mandon ce n'est pas souhaitable et "ce n'est pas la France que les Français veulent : ils ne veulent pas faire 200km pour aller à la maternité ! Ils en veulent une à 50km", assure le secrétaire d'Etat.

"Il y a un décalage de la plateforme économique et sociale proposée par la droite par rapport à ce que veulent les Français, au moment où l'extrême-droite, elle, surpropose de la protection, de la proximité, du service public, du système social..." (Thierry Mandon)

"Tout le problème de la droite, c'est qu'elle définit un programme avec le rétroviseur d'il y a 10 ans", pour Thierry Mandon. "Nous, on va combattre un programme tellement aberrant que ce sera assez nécessaire et facile à faire", explique-t-il, assurant que le programme de la droite est daté, "parce qu'un programme politique opérationnel c'est un programme qui part de l'état de la société et de ses attentes".

"La société ne veut pas, et n'a jamais voulu, de grand choc libéral ; je n'y crois pas".

Interrogé sur Emmanuel Macron, Thierry Mandon a souligné que "l'enseignement d'hier c'est que la droite a choisi des hommes d'expérience, des gens qui sont dans une forme d'historicité de la politique". "Regardez le résultat de ce pauvre Bruno Le Maire, qui est pathétique ! Il a fait le score misérable qui est promis à tous ceux qui pensent qu'on peut hacker la politique".

"Mon raisonnement, c'est que la politique, c'est de l'anthropologie, de l'histoire, de la sociologie profonde, et qu'on ne vient pas butiner ici ou là ce qui est bon pour faire un parcours".

"Celui qui a le plus examiné les choses sérieusement à droite, c'est François Fillon", reconnaît Thierry Mandon. "Il a déclaré qu'il ferait des référendums sur les choix principaux de son quinquennat. Il reconnaît un besoin d'interface nouvelle entre les Français et la politique".

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