Jean-Louis Bourlanges, soutien d'Emmanuel Macron, Gérard Miller qui a défendu Jean-Luc Mélenchon et François-Xavier Bellamy (LR) sont les invités du 7/9 spécial ce lundi.

De gauche à droite, Jean-Louis Bourlanges, François-Xavier Bellamy et Gérard Miller
De gauche à droite, Jean-Louis Bourlanges, François-Xavier Bellamy et Gérard Miller © Radio France / Anne Audigier

Au lendemain de la qualification pour le 2e tour du candidat qu'il soutient, l'ancien député européen Jean-Louis Bourlanges se réjouit de l'arrivée en tête d'Emmanuel Macron et "que le score de Marine Le Pen soit très inférieur à ce qu'il a été". "Les sondages n'ont pas perdu, ça veut dire qu'on arrive quand même à avoir une compréhension d'un certain nombre de phénomènes", et notamment le fait que "la droite s'est enfermée dans une stratégie magique, complotiste, de déni de la réalité".

L'auteur, documentariste, et psychanalyste Gérard Miller, soutien de Jean-Luc Mélenchon, affirme qu'il votera pour Emmanuel Macron même s'il affirme avoir "été sidéré de voir un discours aussi creux, aussi vide" dimanche soir.

"Les Mélenchonnistes savent pour quoi ils ont voté"

"Si j'ai soutenu Mélenchon c'est parce qu'il a fait aimer la politique à des jeunes, il l'a revitalisée, Macron a fait exactement l'inverse", dit-il aussi. Il ajoute : "Même si Jean-Luc Mélenchon a fait moins de voix, les gens qui ont voté pour lui savent pour quoi ils ont voté. Parmi ceux qui ont voté Macron, une partie a voté parce que c'était un rempart contre le FN : la part des macronistes est plus faible que celle des mélenchonnistes".

"Dans les meetings de Mélenchon on crie Résistance, dans ceux de Macron on crie Brigitte"

Gérard Miller dit aussi avoir peur qu'Emmanuel Macron "fasse le même coup que Chirac en 2002". Réponse de Jean-Louis Boulanges : "La comparaison est inappropriée : Chirac est resté dans le système droite-gauche, il a été incapable de modifier le jeu, ici on est dans un système très différent avec une droite profondément divisée et une gauche profondément divisée, et un projet très clair d'une France qui combine le libéralisme économique et un fort niveau de protection sociale".

"Fillon n'était pas aussi irréprochable qu'il voulait le dire"

Pour François-Xavier Bellamy, candidat LR aux législatives dans les Yvelines, les résultats du premier tour montrent que la campagne a été "un rendez-vous manqué pour la France". "C'est la résultante d'une campagne parsemée de péripéties qui n'avaient rien à voir avec le destin de la France", affirme-t-il. "La faute à François Fillon qui s'était présenté comme un candidat de la morale et n'était pas irréprochable autant qu'il voulait le dire".

"Le drame c'est qu'aujourd'hui ce n'est pas un vrai choix qui a été porté, c'est un choix par défaut"

Jean-Louis Bourlanges nuance en affirmant que "François Fillon avait reculé dans l'opinion publique avant les affaires". Son candidat, Emmanuel Macron, abuse-t-il de la formule "en même temps" dans son projet ? "On ne fait pas une politique en France sans "en même temps". L'idée qu'on puisse bâtir la liberté en ignorant en ignorant l'égalité, bâtir la France en ignorant l'Europe ou bâtir l'Europe en ignorant la France, c'est une absurdité. Ce dont la France a besoin aujourd'hui, c'est de recoudre le tissu social".

Macron responsable de la montée du FN ?

Mais selon Georges Miller, "si Macron est si abstrait, c'est parce qu'il ne peut pas reconnaître que sa politique est une politique libérale". Il dit aussi ne pas être "d'accord pour dire qu'on est en 2002 : il y a 15 ans depuis, Mme Le Pen est encore plus haut que son père, et les responsables de cela sont pour une part ceux qui ont été au pouvoir, dont M. Macron".

"Ministre de l'Economie, ça crée un passé et un passif, Macron n'est pas un homme neuf mais un homme parfaitement compromis".

"Dans le bilan Hollande, les deux années Hollande sont les meilleures", conteste Jean-Louis Bourlanges, qui affirme aussi que "le grand problème de Hollande, c'est qu'il n'a pas clarifié, i n'a pas choisi entre deux stratégies". L'explication que donne François-Xavier Bellamy, c'est que François Hollande "a fait exactement la politique du "en même temps", qui consiste à emmener tout le monde avec soi pour finalement décevoir tout le monde", tout en affirmant que "si Jean-Luc Mélenchon a fait une bonne campagne c'est parce que la politique, c'est la capacité à assumer un projet fort".

"Tyrannie morale"

Le jeune candidat LR aux législatives refuse de déclarer s'il votera Macron ou pas. "Monsieur Macron fêtait déjà sa victoire hier soir dans une brasserie à Paris, il n'a besoin de personne", affirme François-Xavier Bellamy, qui dénonce "la tyrannie morale qui consiste à nous demander de souscrire à cette usurpation politique". Une description vivement dénoncée par Jean-Louis Bourlanges : "Vous demandez à un homme politique jeune qui prétend renouveler la classe politique et qui est incapable de nous dire aujourd'hui s'il vote pour l'un ou l'autre, vous appelez ça la révolution morale ?"

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