Depuis le 31 janvier, le Royaume-Uni a quitté l’Union Européenne. Et ce Brexit rouvre, en Irlande du Nord des plaies à peine refermées.

Mur de séparation des quartiers à Belfast
Mur de séparation des quartiers à Belfast © Radio France / Géraldine Hallot

Dans le processus de divorce, la question de la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande qui elle, reste dans l’Union, est cruciale. Elle a d’ailleurs été l’un des principaux points d’achoppement des longs mois de négociations entre Londres et Bruxelles.

Depuis la guerre d’indépendance de 1919 à 1921, qui a conduit à la création de la République d’Irlande au Sud, l’Irlande du Nord - l’Ulster - connait des affrontements dont le point d’orgue a été, il y a juste 48 ans, la répression par l’armée britannique d’une manifestation de républicains pacifistes à Derry (que les Britanniques appellent toujours Londonderry). C’était le dimanche 31 janvier 1972. Bilan de ce « bloody Sunday » : 14 morts, essentiellement de très jeunes hommes, certains abattus dans le dos. 

Un souvenir toujours présent, même si, depuis l’accord dit du Vendredi Saint, en 1998, les communautés catholiques et protestantes réapprennent à vivre ensemble.

Or, le débat sur le Brexit a remis de l’huile sur le feu. Pour certains Républicains essentiellement catholiques, la réunification de l’île reste un Graal à conquérir. Les Unionistes essentiellement protestants, s’ils restent attachés à la couronne britannique, se demandent s’ils n’ont pas été roulés dans la farine par Boris Johnson, leur allié de naguère qui leur promettait que le Royaume resterait uni, et qui, dans l’accord avec l’UE, a acté la mise en place de contrôles douaniers en mer d’Irlande.

En avril dernier, la Nouvelle armée républicaine irlandaise a reconnu sa responsabilité dans la mort de Lyra Mac Kee, une journaliste qui "couvrait" une descente de police dans le quartier catholique de Creggan à Derry. Ce groupuscule d’une centaine de personnes, né en 2012 de la fusion entre plusieurs organisations paramilitaires ne reconnait pas l’accord de paix et a revendiqué récemment l’explosion d’une voiture piégée et les meurtres de deux gardiens de prison.

Depuis la partition de l’Irlande en 1921, Belfast est la capitale des six comtés d’Irlande du Nord. La ville est physiquement marquée par ce conflit entre unionistes et républicains qui a fait 3 500 morts entre les années 60 et 90. À tel point que les quartiers sont séparés les uns des autres par des murs. Il en existe plusieurs dizaines, dont les portes permettant de les franchir ne sont ouvertes qu’à des horaires déterminés. 

« Le Brexit réveille les vieux démons irlandais », c’était un reportage de Géraldine Hallot et Antoine Giniaux, avec Benjamin Chauvin à la prise de son. Réalisation Violaine Ballet, assistée de Martine Meyssonnier. Mixage Bruno Mourland. Documentation Sabine Bonamy

Pour aller plus loin

Programmation musicale

EITHNE NI UALLACHAIN Grief 

BOF OUT OF IRELAND Timothy Cashman theme     

EILERTSEN Signal        

THE WOLFE TONES Come out ye black and tans 

DONAL CLANCY Tommy Coen’s memories Callaghan’s   

MATTIMATTI Cirkel                                                    

MAGNETIK NORTH Fuck the napkin                        

DONAL CLANCY Garrett Barry’s the humours of trim  

DEREK BELL Barry Lyndon / Women of Ireland                 

AMANDA PALMER The french Brexit song

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