Jusqu’ici le don de sperme, comme celui d’ovocyte, était anonyme en France. Ce qui semblait acquis sera amené à changer quand la loi relative à la bioéthique sera adoptée, avec la fin de l’anonymat pour les donneurs et donneuses. Interception a voulu savoir ce que cela pouvait changer.

La loi de bioéthique pourrait être votée d'ici la fin de l"été. Elle prévoit la levée de l'anonymat pour les donneurs de sperme et donneuses d'ovocytes.
La loi de bioéthique pourrait être votée d'ici la fin de l"été. Elle prévoit la levée de l'anonymat pour les donneurs de sperme et donneuses d'ovocytes. © AFP / Philippe LOPEZ

La loi bioéthique va mettre fin à ce qui semblait une évidence : l'anonymat pour les donneurs de sperme et les donneuses d'ovocytes.
À sa majorité, un enfant né d’une PMA pourra accéder : 

- soit à l’identité du donneur, si celui-ci l’a autorisé. 

- soit a minima à des données non identifiantes. Cela peut être l’âge, des caractéristiques physiques, la situation professionnelle. 

À l’avenir, il faudra accepter de livrer ses informations, pour faire un don de gamètes.

Pour les donneurs et donneuses, cette levée partielle de l’anonymat pourrait être un obstacle. Pour eux, c’est le risque de voir leur équilibre chamboulé par l’irruption d’un jeune adulte, des années et des années après un don. 

À l’inverse pour le couple infertile, devenu parents, c’est l’inconfort de voir un jour un géniteur débarquer dans la vie de leur enfant chéri et tant désiré, mais pour y prendre quelle place ?  

Pour les enfants, c’est la possibilité de connaitre au mieux leurs origines. 

Chaque année, environ 1200 enfants naissent à la suite d’un don. Pour le couple receveur, c’est la fin d’un parcours, parfois long mais toujours incertain : il y a 2800 couples qui sont toujours sur la liste d’attente. 

Sur l’ensemble du territoire, les dons de sperme sont actuellement supérieurs à la demande. Ce n’est pas le cas pour les dons d’ovocytes..

La garantie de l’anonymat est déjà - de fait - mise à mal, avec  la démocratisation des tests génétiques dits récréatifs. Des enfants parviennent ainsi à retrouver leur géniteur, après des années de recherches méticuleuses et acharnées. 

Avec la levée à venir de l'anonymat des donneurs, l'identité sera transmise si le donneur l'autorise lors du don. En France, ils sont majoritairement pratiqués dans des CECOS, des centres d’études et de conservation des oeufs et du sperme humains. 

Reportage : Hélène Chevallier
Prise de sons : Sandrine Mallon avec la participation de Georges Tho
Réalisation : Hélène Bizieau assistée de Martine Meyssonnier
Mixage : Régis Nicolas

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