Il y a trois mois, la tempête Alex ravageait la vallée de la Roya, une vallée encaissée proche de l'Italie. Les défis de la reconstruction sont immenses : les routes sont détruites, les maisons abimées et les habitants s'interrogent : comment reconstruire pour ne pas que cela se reproduise ?

Des ingénieurs sont à pied d'oeuvre sur un pont de Tende, détruit par la tempête Alex
Des ingénieurs sont à pied d'oeuvre sur un pont de Tende, détruit par la tempête Alex © AFP / Christophe Simon

"Le plus dur n'est pas derrière, il est devant". Ainsi parle Marcel, un retraité de la vallée de la Roya. Marcel habite à la Brigue, un hameau au sud de Tende. "Là on a pris un coup, on n'a plus de routes, plus rien. Mais maintenant on se pose tous des questions : est-ce que ça va vite se débloquer ?" se demande Marcel.  

Le vendredi 2 octobre 2020 fait partie des dates qui marquent au fer rouge un territoire. Il y a tout juste trois mois, la tempête Alex semait le chaos dans les Alpes-Maritimes. Des pluies diluviennes - 560 millions de tonnes d'eau - sont tombées en quelques heures- soit l'équivalent de 190 000 piscines olympiques. 

Trois vallées sont dévastées: la Vésubie, la Tinée et la Roya. Le bilan encore provisoire est de neuf morts. La Roya, où nous vous emmenons aujourd'hui, est la vallée la plus enclavée.  Ses communes pittoresques - Breil, Saorge, Fontan, la Brigue, Tende - sont prisées des vacanciers. Elles longent la frontière. Il y flotte d'ordinaire un parfum d'Italie. La tempête Alex a tout détruit ou presque.

Dans la Roya, sept routes et dix ponts ont été pulvérisés et des dizaines de maisons éventrées ou fragilisées par les cours d'eau en crue. La reconstruction coûtera au minimum un milliard d'euros pour les trois vallées. Certains plaident pour reconstruire autrement, en privilégiant les liaisons ferroviaires. "Il a fallu l'effondrement de la route pour se dire que les financements pouvaient venir sur la voie ferrée", dit ainsi Catherine Rainaudo, membre de l'association Roya Expansion Nature, qui milite depuis des années pour le développement des liaisons ferroviaires dans la vallée de la Roya.  

Privilégier le ferroviaire, et peut-être aussi construire moins, construire plus loin des rivières, c'est toute la réflexion qui s'est engagée après la catastrophe. Le département des Alpes-Maritimes est régulièrement frappé par des évènements climatiques avec à chaque fois de lourds bilans. L'urbanisation à marche forcée y est clairement pointée du doigt.  

"On est dans un moment d'histoire, en tous cas d'histoire humaine, même de l'évolution de nos territoires, qui nous oblige à penser différemment la façon dont on constitue les territoires habités" – Emmanuel Macron, le 7 octobre dernier, lors de sa visite dans les Alpes-Maritimes, au micro de France 2 et TF1.

"Vallée de la Roya, et au milieu coulera toujours une rivière", c'est un reportage de Vanessa Descouraux et Jean-André Giannechini.  

Juliette Medevielle a réalisé ce reportage, assistée de Martine Meyssonnier.  

Mixage : Claude Niort

Documentation : Sabine Bonamy

Pour aller plus loin

Programmation musicale

  • "The Lake", René Aubry
  • "River day", Ezechiel Pailhes
  • "Going forth by day", Colleen
  • "4 rue d’Istanbul", Chapelier fou
  • "Drops", Pascal Schumacher
  • "Love song", Samba de la muerte
  • "Winter sun", Penguin cafe
  • "Dexterity", Armand Boileau
  • "Raven", Colleen.
Programmation musicale
  • AGNES OBELMODULE ALBUM 2020 LONG "Broken Sleep" "Island of doom"
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