Et si la Suisse devenait le seul État européen sans radio, ni télévision publiques ?

Débat "No Billag" sur le plateau de l'émission Infrarouge, sur la 1ère de la RTS, principale chaîne de la télévision publique.
Débat "No Billag" sur le plateau de l'émission Infrarouge, sur la 1ère de la RTS, principale chaîne de la télévision publique. © Radio France / Vanessa Descouraux

C’est l’objet en tout cas du référendum qui se tient aujourd’hui dans le pays.

Cette votation populaire – si elle approuvée - mettrait fin à un financement qui profite à 17 radios et 6 chaines de télé publique mais également à 34 chaines privées. Plus de 13 000 emplois sont en jeu.

En Suisse, les partisans de la fin de l’audiovisuel public ont lancé l’initiative "NO BILLAG", du nom de l’organisme qui collecte la redevance.

C'est au de la liberté de choix qu'ils portent cette initiative, mais aussi de l'individualisme et un rapport très particulier à la notion d’intérêt général. En substance, ils veulent payer, disent-ils, uniquement pour ce qu'ils consomment. A l'audiovisuel public de trouver d'autres financements que la redevance, fixée à 451 francs suisses (390 euros). Mais la SSR (Société Suisse de Radiodiffusion) propose des programmes dans les 4 langues officielles de ce petit pays (8 millions d'habitants).

Cette remise en cause des médias de service public traverse toute l’Europe. 

Depuis plusieurs années la BBC anglaise ou la RTBF Belge endurent des réductions de postes et des coupes budgétaires, et l’audio-visuel public Français, Radio France notamment, s’apprête également à subir de profonds bouleversements dans les prochaines semaines. 

Dans une époque ou désinformation et fausses nouvelles rythment notre quotidien, le service public de l’information malgré sa fiabilité et son indépendance n’échappe pas à la crise de confiance qui touche tous les médias traditionnels.

Suisse : vers la fin programmée de l’audiovisuel public ? C’est un reportage de Vanessa Descouraux

Réalisation : Michelle Soulier 

Mixage : Rémi Quincey

A la fin du reportage vous avez entendu la chanson "Non à No-Billag" du groupe Forma.

POUR ALLER PLUS LOIN

► Sur le site Swiss Info, dossier multimédia sur le No Billag "Votations fédérales du 4 mars 2018"

► Sur le site INA Global, "Votation sur la redevance suisse : le grand perdant, c’est le peuple suisse", article de Pauline Porro, 27/02/2018

► Sur le site INA Global, "Audiovisuel public : comprendre les enjeux de la votation suisse", article de Pauline Porro du 20 février 2018

► Sur le site de France Inter, vidéo du 14/02/2018 extraite de "Par Jupiter !", "Audiovisuel public suisse : le message d’amour de Charles Nouveau".

► Sur le site de RTS, revue de web sur l’audiovisuel public suisse

► Le site "NON ! à No Billag"

► Sur le portail du gouvernement suisse, présentation de l’initiative populaire "Oui à la suppression des redevances radio et télévision (suppression des redevances Billag)"

► Sur le site du département fédéral suisse de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication DETEC, dossier "Le service public dans l’audiovisuel"

► Sur le site du "Temps", article de Stéphane Benoit-Godet du 8 janvier 2018 "No Billag : une initiative dangereuse pour la démocratie"

MISE A JOUR

Les résultats de la votation ont été publiés ce dimanche après-midi. L'initiative No Billag est rejetée par 71,6% des votants et tous les cantons.

Le rejet de l'initiative No Billag est "un signe fort pour le service public et les radios et télévisions régionales privées", a déclaré Gilles Marchand, directeur de la SSR. 

"Après des mois de débat, le travail des employés de la SSR est reconnu" par le peuple suisse explique ému, l'un des journalistes de la SSR.

Malgré la défaite des No-Billag, la situation de la radio télévision suisse évolue. Comme l'écrit le site de la SSR, l'audiovisuel public suisse "va notamment réduire ses budgets pour s'adapter à la baisse des recettes de la redevance et à l'évolution des revenus commerciaux. Des emplois seront également touchés. Dès 2019, la SSR n'interrompra plus les films diffusés par des blocs publicitaires. Et pour mieux profiler son offre numérique, elle ne publiera plus de textes sans lien avec de l'audio ou de la vidéo sur ses sites d'information."

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