A près la découverte du corps du directeur de Sciences-Po Richard Descoings dans un hôtel de New York, France-Inter rediffusera dimanche un reportage que l’équipe d’Interception avait programmé une première fois en mars 2003.

Richard Descoings était sans doute inconnu de la plupart des Français. Les médias ont pourtant beaucoup parlé de sa mort cette semaine et pour cause : alors que la question des inégalités sociales occupe depuis plusieurs années le débat national, il apparaît utile de rappeler que cet homme avait ouvert les portes de son école à des bacheliers issus des quartiers dits « sensibles ». Son initiative –très commentée à l’époque– s’était concrétisée en 2001 par une convention (la C.E.P.) passée entre Sciences-Po Paris et une poignée de lycées (moins de 10 au début) classés en Zones d’Education Prioritaire. Ces établissements partenaires seront bientôt au nombre de 100… Les élèves en provenance de ces ZEP se comptent depuis 2001 par centaines ; ils sont pour la plupart boursiers, ont des parents ouvriers, employés, et bien souvent chômeurs. Deux de ces étudiants sur trois ont –au moins– un parent né hors de France… Et une fois sur le marché du travail, ces jeunes gens venus de milieux défavorisés réussissent aussi bien, sinon mieux, que la moyenne des diplômés de Sciences-Po Paris.

En mars 2003, soit 18 mois après l’admission rue Saint-Guillaume des premiers élèves issus des ZEP, Marie-Christine Le Dû en avait suivi quelques-uns. Pour titrer son reportage, l’équipe d’Interception avait repris le cri du cœur de l’un de ces étudiants : « Sciences-Po ?... C’est d’la balle ! ».

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Le site de Sciences-Po La mort de Richard Descoings affecte tous les membres de la très grande communauté de Sciences Po : élèves, anciens élèves, enseignants, salariés et partenaires étrangers.Elle est injuste parce qu’elle se produit au moment où il donnait la pleine mesure de son talent. Elle est injuste parce qu’elle intervient dans une période où d’aucuns remettaient en cause ses mérites. Le premier devoir de Sciences Po, pour lui rendre hommage, est de poursuivre son œuvre, avec détermination et générosité, comme il l’aurait fait et comme il aurait aimé que cela soit fait. Les conseils de Sciences Po choisiront, le moment venu, son successeur. Pour l’heure, c’est l’immense émotion et le besoin de recueillement qui dominent. Dans la période qui vient, chacun à Sciences Po va poursuivre sa tâche en y apportant une attention exemplaire afin de préserver, prolonger et amplifier l’œuvre accomplie en seize ans par Richard Descoings. Jean-Claude Casanovade l’Institut,Président de la Fondation Nationale des Sciences Politiques

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