Le Rif, au nord du Maroc, connait depuis presque 2 ans, une période d’agitation et de manifestations.

Police marocaine dans les rues d'Al Hoceima (Maroc) le 28 octobre 2017
Police marocaine dans les rues d'Al Hoceima (Maroc) le 28 octobre 2017 © AFP / Fadel Senna

Le Rif, au nord du Maroc, a connu à la fin du mois de juin une nouvelle série de manifestations, avec leurs conséquences habituelles, affrontements et arrestations. Au terme d’un procès fleuve, 53 militants considérés par les autorités comme les meneurs du mouvement du Hirak, mouvement de protestation sociale ayant agité cette région déshéritée en 2016-2017, ont été condamnés à des peines allant jusqu’à 20 ans de prison, pour le leader Nasser Zefzati et trois de ses compagnons.

La sévérité des peines a provoqué, outre de nouvelles émeutes, la protestation de l’opposition « officielle » marocaine et celle de l’ONG Reporters sans frontières, car dans le même temps, un journaliste qui avait couvert les évènements dans la région de Al Hoceima a été condamné à trois ans de prison pour avoir reçu des information sur le Hirak sans en avertir la police.

Le Hirak qu’on peut traduire par « le mouvement » a commencé précisément le 28 octobre 2016, quand un jeune marchand de poisson a été broyé par une benne à ordure en tentant d’y récupérer sa marchandise que la police avait saisie. Ce garçon, Mohcine Fikri, est alors devenu un symbole de la révolte de cette région dont les habitants se sentent rejetés, méprisés par Rabat, la capitale royale.

Les manifestations se multiplient alors, concentrées dans la ville d’Al Hoceima. Les manifestants réclament des infrastructures, routes, écoles, hôpital.

Pour éteindre la fronde qui se poursuit  dans cette région déshéritée, le gouvernement marocain emploie la manière forte : Plusieurs milliers de personnes sont arrêtées. Le procès de ceux qu’on considère comme les meneurs vient donc seulement de se terminer.

L’occasion de rediffuser ce reportage de Vanessa Descouraux que vous avez déjà pu entendre en janvier dernier, sur cette répression à bas bruit, dont on parle d’autant moins que, comme vous allez l’entendre, les autorités marocaines ne facilitent pas vraiment le travail des journalistes étrangers, qui peuvent se voir arbitrairement interdire l’accès à Al Hoceima.

Maroc, une répression en toute discrétion, c'est un reportage de Vanessa Descouraux, mixage Rémi Quencez, réalisation Michelle Soulier assistée de Stéphane Cosme.

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