C'est un sujet complexe et délicat que nous abordons aujourd'hui dans Interception, tant il touche à l'intime et renvoie chacun d'entre nous à ses propres limites. Le burn out parental ou syndrome d'épuisement en français, toucherait entre 5 et 8% des parents selon une étude récente.

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"Parfois devenir mère c'est dur", lâche Alexia.
Après la naissance de son premier enfant, la jeune femme a vécu ce que les médecins appellent la "difficulté maternelle".
Elle a été suivie dans l’unité de maternologie de l’hôpital Pierre Bérégovoy à Nevers.
"On nous parle toujours de la maternité comme quelque chose de fabuleux, que ça rend une femme épanouie. On voit toujours des publicités où les mères sont minces, belles, elles n'ont pas de problème", poursuit Alexia.
"En fait le choc il est là. C'est de se rendre compte que ce n'est pas vrai, ce n'est pas ça être une mère".  

Le burn out parental ou syndrome d'épuisement en français, toucherait entre 5 et 8% des parents selon une étude récente.  
Si le burn out au travail est bien documenté et fait l'objet de nombreuses recherches scientifiques, ce n'est pas le cas du burn out parental, encore largement tabou.  
Il se définit comme un épuisement psychique et physique chez une mère ou chez un père, débordé par l'ampleur des tâches à accomplir pour prendre soin de ses enfants.   

La crise sanitaire liée au coronavirus a sans aucun doute accentué les choses. De nombreux parents, et surtout les mères, sont dans un état d'épuisement total. Elles ont dû gérer l'école à la maison, leur travail, et une grosse partie des tâches ménagères.  D'une façon générale, les femmes sont trois fois plus touchées que les hommes par le burn out parental, parce qu'elles assument encore la plus grande partie du travail domestique: cuisine, ménage, devoirs des enfants, rendez-vous chez le docteur....  

Le conjoint de Marina (mère de deux enfants elle aussi victime de burn out parental) ne dit pas autre chose.
"Maintenant je peux plus me libérer par rapport à mon travail", explique-t-il, "mais quand le plus grand est né, pendant 5/6 ans je n'ai rien fait en fait".  "Je partais avant tout le monde, je rentrais après tout le monde. C'est elle qui gérait tout".
Voilà qui a le mérite de l'honnêteté.  

Des dispositifs existent pour venir en aide aux parents épuisés.  Que ce soit à domicile, auprès d'associations, ou à l'hôpital pour les cas les plus sérieux. C'est ce que nous entendrons dans ce reportage.  A chaque fois il s'agit d'écouter les parents, les rassurer, les conseiller dans l'éducation de leurs enfants.  
"On va vous accompagner, on va vous aider", explique le docteur Laurence Carlier, fondatrice de l'unité de maternologie de l’hôpital Pierre Bérégovoy à Nevers. "Mais vous allez apprendre à vous faire confiance, à relativiser et à arrêter de vous en demander toujours plus surtout".  C'est bien là le coeur du problème: les parents d'aujourd'hui et notamment les mères, sont dans un tel désir de perfection qu'ils vivent constamment sous pression.
Sous les injonctions aussi d'une société qui idéalise la parentalité.  

"Burn out parental, quand les parents craquent", c'est un reportage de Cécile Soulé et Iliès Kamarti, tourné avant, et après le confinement.  
Réalisation Violaine Ballet, assistée de Martine Meyssonnier.

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