"Il est faux de croire que l'échelle des craintes correspond à celle des dangers qui les inspirent. On peut avoir peur d'un rat et pas d'un lion" écrivait par Marcel Proust dans "le temps retrouvé". Alors prévenons les phobiques tout de suite, ce matin émission consacrée aux rats.

A l'entrée du parc Henri-Roussel à Paris, fermé depuis le mois de novembre pour dératisation.
A l'entrée du parc Henri-Roussel à Paris, fermé depuis le mois de novembre pour dératisation. © Radio France / Mathilde Dehimi

C’est un animal qui, au mieux, laisse indifférent. 

Le plus souvent, il suscite de l’inconfort. 

Et au pire, il réveille des peurs incontrôlables, des angoisses tant il représente la saleté, la maladie, l’agressivité.  Tout cela au service d’une intelligence redoutable, celle de s’adapter à l’environnement qui l’entoure, bien que venant des ténèbres. 

Aucun autre animal n’est au centre d’autant d’idées reçues, fausses bien souvent, comme celle qui l’a accusé pendant des siècles d’être responsable de la Peste Noire, qui a ravagé une partie de l'Europe au Moyen-Age. 

Aujourd'hui, ce n’est pas une impression, mais un fait. 

Ils sont de plus en plus visibles dans nos villes, pas forcément plus nombreux, mais en tout cas, ils se montrent plus souvent, y compris en plein jour. 

A Paris, les 2 récentes crues de la Seine les ont poussés à sortir de leur tanière, les égouts, où les trois quarts des rats urbains vivent (selon les estimations de l'un des rares spécialistes de la question, Pierre Falgayrac, interrogé dans ce reportage).

Partout en France, ce sont les travaux, qui métamorphosent nos villes, qui les conduisent à se faufiler sur le bitume, pour aller chercher leur nourriture. 

Bien souvent, que ce soit dans les espaces publics ou privés, la dératisation semble une tâche vaine, car illimitée dans le temps, ou presque. 

D’autant que de nouvelles normes ont changé la composition des raticides, devenus moins performants.  

Les rats - car ils ont aussi des vertus - dévorent chaque année neuf kilos de déchets, ils évitent que nos égouts ne se bouchent. 

Le défi des villes n’est donc pas de les faire disparaître, mais d’empêcher leur prolifération. Ce qui serait une catastrophe pour l’image de ces municipalités (comme l'a montré la riposte médiatique de la mairie de Paris après la publication d'une vidéo tournée par un éboueur de la ville, montrant des dizaines de rats grouillant dans une benne à ordures).

"Le rat, notre nuisible utile" c’est un reportage de Mathilde Dehimi 

Prise de son : Jérémy Tuil et Yann Fressy

Réalisation Michelle Soulier, assistée de Stéphane Cosme

Mixage : Raphaël Rousseau 

POUR ALLER PLUS LOIN : 

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.