Il y a juste un an, Emmanuel Macron évoquait ce phénomène récent, l’agribashing, le dénigrement de l’agriculture et des agriculteurs. Fondé sur les nombreuses inquiétudes que font peser les pratiques agricoles du XXe siècle sur la santé publique, il est vécu comme une profonde injustice par certains agriculteurs.

Manifestation d'agriculteurs organisée par la FNSEA et le CNJA en octobre dernier
Manifestation d'agriculteurs organisée par la FNSEA et le CNJA en octobre dernier © AFP / Pascal Guyot

Les aspirations des habitants des pays développés à vivre dans un monde plus sain, moins pollué et où le bien-être animal ne serait plus une variable, mais une constante de notre équation alimentaire, ont nourri de nombreuses réflexions, y compris dans le monde rural.

Les paysans conscients du problème, demandent du temps pour s’adapter.  Les industriels balancent encore entre déni pur et simple et « green washing » pour préserver leurs activités. Le gouvernement a décrété des zones d’exclusions pour l’épandage des pesticides à proximité des habitations, zones dont les dimensions sont qualifiées de ridicules par les défenseurs de l’environnement.

Des citoyens impatients et convaincus de l’urgence d’une mutation, s’en prennent désormais directement aux agriculteurs dont certains redoutent qu’un jour, « ça tourne mal ».

En 2019, on a compté une cinquantaine d’intrusions, sur des exploitations ou dans des abattoirs. Et le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a jugé utile la création d’une cellule, au sein de la Gendarmerie nationale, dédiée à la protection des agriculteurs. Avant même la création de cette cellule Demeter, certains d’entre eux avaient décidé de réagir en communiquant sur les réseaux sociaux. 

De plus en plus d’agriculteurs prennent donc en main leur communication pour lutter contre l’agribashing, en partie parce qu’ils estiment que le monde rural est de moins en moins bien connu par l’ensemble de la population. 

Dans le collimateur des agriculteurs victimes d’intrusions et de dénigrement, quelques associations militant pour le bien-être animal. Les plus actives, sont L214 dont les vidéos ont révélé plusieurs scandales dans certains abattoirs, et Boucherie abolition dont les actions spectaculaires, dans des élevages ou devant des commerces de viande veulent attirer l’attention du public. Ces actions ont notamment abouti à l’annonce de l’interdiction du broyage des poussins et de la castration à vif des porcelets à la fin de l’année prochaine.

"Agribasing, l’incompréhension", c’était un reportage de Gaële Joly, avec François Rivalan à la prise de son et disponible à la réécoute sur franceinter.fr.

Réalisation, Violaine Ballet assistée de Martine Meyssonnier. Mixage Bruno Mourlan. Documentation, Sabine Bonamy.

Pour aller plus loin

L’agribashing s’est imposé dans le débat public, Infoguerre, 06/01/2020

"L’agribashing, une fable qui freine l’indispensable évolution de l’agriculture", Reporterre, 23/10/2019

"Agribashing : d’où vient le malaise ?", Celsa Lab, 09/10/2019

Face à "l'agri-bashing", éleveurs et agriculteurs apprennent à communiquer, L'Info durable, 25/02/2019

"L'agribashing met les agriculteurs au bord de la crise de nerfs", HuffPost, 22/02/2019

"Agribashing, vraiment ? Du blues au (bad) buzz…", Revue Sésame Inra, 25/06/2018

La cellule dite "Déméter",  cellule nationale pour lutter contre l'agribashing et les intrusions dans les exploitations agricoles, sur le site du ministère de l'Agriculture 

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