Il y a 10 ans, sur une place que le monde entier a appris à connaitre, la place Tahrir, les Égyptiens ont cru tenir leur rêve de liberté. Mais depuis, ils doivent affronter une répression d'une violence inouïe et vivent dans un état de contre-révolution permanente.

La ferveur sur la palce Tahrir a duré 18 jours, en janvier-février 2011, au terme desquels le despote d'alors Hosni Moubarak a quitté le pouvoir.
La ferveur sur la palce Tahrir a duré 18 jours, en janvier-février 2011, au terme desquels le despote d'alors Hosni Moubarak a quitté le pouvoir. © AFP / MARCO LONGARI

Le 25 janvier 2011, c'est le début de l'impensable en Égypte. Le réveil de la rue contre la dictature en place. 

Après 18 jours de manifestations, le peuple de la place Tahrir croit tourner la page de la dictature en forçant Hosni Moubarak à partir après 30 ans accroché au pouvoir.

L’Égypte se débarrasse d’un homme, mais pas d’un régime. 

Après une parenthèse chaotique d’une année de présidence islamiste, celle des Frères Musulmans, l’armée a repris le pouvoir qu’elle n’a jamais vraiment lâché. 

Depuis la répression contre cette jeunesse est d’une violence inouïe, faisant de ce régime une impitoyable machine à écraser toute opposition. 

Même les défenseurs des droits de l’homme les plus en vue, les militants que l’on croyait les plus protégés sont aujourd’hui sous la menace d’une arrestation. Certains ne peuvent plus quitter leur pays.  

Les manifestations sont interdites, l’opposition broyée. La société civile survit. 

Dans un pays où le président Sissi a été réélu en 2018 avec 97% des voix, le seul journal indépendant du pays Mada Masr est consultable uniquement depuis l’étranger. 

Martin Roux le correspondant de France Inter au Caire, va nous amener là où tout a commencé : Place Tahrir.  

Le pouvoir a un projet démesuré pour ce qui fût l'épicentre de la révolution :  Y installer un obélisque, des sphinx, des œuvres de l’Egypte ancienne dans une mise en scène grandiloquente. Le pouvoir dépense sans compter pour le nouvel aménagement de la place. 

Environ 8 millions d’euros pour au final réécrire, effacer l’Histoire de ce lieu, comme si où aucun souffle de liberté n’y avait jamais soufflé.

Le pouvoir égyptien est en train de réaménager la place Tharir, sans évoquer ce qui s'y est passé en janver-février 2011.
Le pouvoir égyptien est en train de réaménager la place Tharir, sans évoquer ce qui s'y est passé en janver-février 2011. © AFP / KHALED DESOUKI

Ce n'est pas le seul projet d'ampleur porté par le président Sissi. Il entend bâtir une nouvelle capitale. L’idée mise en avant est de désengorger le Caire, ville de 20 millions d’habitants, asphyxiée par le trafic automobile. 

Cette nouvelle capitale va abriter tous les lieux de pouvoir, dans un  gigantesque complexe en train de pousser dans le désert à 50 km du centre du Caire. Le projet est estimé à plus de 3 milliards d’euros pour ce chantier aussi politique que démographique. 

Reportage : Martin Roux  
Réalisation : Violaine Ballet avec l’assistance de Martine Meyssonnier.
Mixage : Dhofar Guerid 

Pour aller plus loin

L'équipe