Il y a tout juste 77 ans, le 18 juin 1940, Charles de Gaulle lançait son célèbre appel, en réponse au discours du maréchal Pétain qui la veille, annonçait sa demande d’armistice.

Le hall d'entrée de la Chancellerie de l'Ordre de la Libération aux Invalides
Le hall d'entrée de la Chancellerie de l'Ordre de la Libération aux Invalides © Radio France / Stéphane Cosme

Considéré comme l’acte fondateur de la Résistance, mais diffusé à 22 heures sur des ondes que les Français n’avaient pas vraiment l’habitude d’écouter, cet appel n’a eu son plein retentissement que les jours suivants, relayé par quelques journaux et un bouche-à-oreille efficace.

L’appel de de Gaulle, destiné avant tout aux militaires, provoque chez certains, encore peu nombreux, une sorte de déclic. Ils prennent la direction de Londres pour se mettre à la disposition de ces Forces françaises libres. Très vite, le Général se rend compte qu’il lui faut fédérer ces nouveaux combattants. Surtout, afin d’exister politiquement face à ses alliés anglo-saxons, il doit poser des actes le mettant au niveau de chef de gouvernement. D’où la création, par ordonnance signée dès le 16 novembre 1940 à Brazzaville, de l’ordre de la Libération.

En 1940 donc, de Gaulle souhaite distinguer « les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se seront signalées dans l’œuvre de libération de la France », cette libération étant à ses yeux et dès ce moment non seulement un objectif, mais une certitude. L’ordre ne comprend qu’un seul grade, celui de compagnon et le fondateur en sera le seul Grand maitre. L’ordre a distingué 1038 personnes (dont 6 femmes), un peu plus de 700 seulement ont survécu à la guerre. 18 unités militaires et 5 communes (Paris, Nantes, Grenoble, Vassieux-en-Vercors et l’Ile de Sein) sont également Compagnons de la libération.

Aujourd’hui, il ne reste que 11 Compagnons vivants, tous âgés de plus de 97 ans. Les témoignages, toujours lucides et émouvants, de ces héros n’en sont que plus précieux, et vous allez l’entendre, toujours enrichissants pour qui prend le temps de les écouter.

Un reportage de Stéphane Cosme.

Mixage : Manuel Couturier. Réalisation : Anne Lhioreau assistée de Zohra Bensmaïli

Pour aller plus loin :

Avec l'aimable concours de la documentation sonore de Radio France.

La programmation musicale :

  • Philip Gass : "Blind moles" extrait de la Bande Originale du Film « The fog of war » - Label : Orange Moutain Music
  • Musique principale des troupes de la Marine dirigée par Jean-Michel Sorlin : "Du tchad à strasbourg" – Label : Corelia
  • Gabriel Yared : "Complices" extrait de la Bande Originale du Film « Bon voyage » - Label : East West
  • Les Chœurs de l’Armée Rouge : "L'idéal : Chant des partisans" extrait de la Bande Originale du film « L'idéal » - Label : Legende Films
  • Philip Gass : "Trust (from the secret agent)" – Label : Nonesuch
  • Georges Delerue : "Paris sous l’occupation" extrait de la Bande Originale du Film « Le dernier métro » - Label : Prometheus
  • L’orchestre de la garde républicaine : "Chant des partisans ou chant de la liberté" d’Anna Marly – Label : Corelia
  • Philip Gass : "The witness (from Anima Mundi)" – Label : Nonesuch
  • Philip Gass : "Escape" extrait de la Bande Originale du Film The hours – Label : Miramax
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