C'est une profession ô combien importante et pourtant très précaire. Les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH, ex AVS) sont peu payés, peu formés et jonglent avec des temps partiels. La profession fait peu rêver, l'Education nationale peine à recruter.

Annaïck accompagne Orion, un jeune autiste, à l'école
Annaïck accompagne Orion, un jeune autiste, à l'école © Radio France / Olivia Chandioux

Annaïck est un peu l'ange gardien du jeune Orion. Elle lui permet de suivre une scolarité normale malgré ses difficultés relationnelles.
Orion est autiste.
Annaïck est accompagnante d'élève en situation de handicap. On dit AESH, c'est le nouveau nom des auxiliaires de vie scolaire (AVS). "L'objectif qu'on s'est imposé avec l'enseignante, ce n'est pas qu'il sache reconnaître les lettres de l'alphabet", explique la jeune femme.
"Notre but c'est vraiment qu'il participe en classe, qu'il aille vers les copains, qu'il joue, et qu'il prenne du plaisir à venir en classe. Et du coup, tous les matins il vient en courant et il est heureux de venir à l'école."  

Le métier d'AVS - AESH est essentiel à la scolarisation des enfants handicapés. Mais la profession reste très précaire, sous payée, en moyenne 700 euros par mois pour un contrat de 20 heures par semaine.
Les choses sont en train d'évoluer. Les accompagnants seront recrutés en CDD, convertibles en CDI, à partir de juillet prochain.  
En revanche la question de leur formation reste en suspens. Les accompagnants ne sont pas formés à la grande variété de handicaps auxquels ils doivent faire face.  
"C'est simple : j'ai eu le droit à la formation initiale de 60 heures. Et c'était en 2011. Au delà de ça, plus rien", déplore Anne, AESH dans l'Ain.  

Précarité, manque de formation et de reconnaissance : le métier d'accompagnant d'élèves handicapés ne fait pas rêver et l'Education Nationale peine à recruter.  
Il y a 80 000 accompagnants en France, il en faudrait beaucoup plus.
Résultats, à chaque rentrée, de nombreux enfants handicapés ne sont pas scolarisés.  
"Mon fils va à l'école les lundi, mardi et jeudi après-midi de 14h05 à 16h20. Les autres jours il est à domicile", explique Séverine, maman de Dylan, 14 ans, autiste non verbal.
"On me dit qu'il a un petit niveau. Bah oui, il n'a pas beaucoup d'heures d'école!", s'emporte cette habitante de Saint-Mard en Seine-et-Marne.  
Face au désarroi des familles, le gouvernement rappelle que la scolarisation des enfants handicapés est l'une de ses priorités.
Les accompagnants, comme les parents, trouvent que les résultats tardent à venir.
Même s'il reste encore beaucoup à faire, le nombre d'élèves handicapés scolarisés dans un établissement ordinaire a été multiplié par trois ces dix dernières années.   

Jamais sans mon AVS*, c'est un reportage d'Olivia Chandioux et Frédéric Cayrou.   
Réalisation: Violaine Ballet assistée de Stéphane Cosme.

*les AVS (recrutés par Pôle Emploi) sont voués à être remplacés par des AESH (recrutés par l'Education Nationale)

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