Il y a presque 50 ans, le 2 juillet 1966, la France procédait à son premier essai nucléaire en Polynésie, sous le nom de code « Aldébaran ». 192 autres tirs ont suivi, aériens puis souterrains, sur les atolls de Moruroa et Fangataufa, jusqu’à l’arrêt des essais en 1996.

Pendant longtemps, l'armée française n'a rien dit des conséquences de ces essais sur la santé des militaires et des travailleurs civils qui y participaient, ou sur celle des populations qui habitent les îles environnantes, parfois situées à une centaine de kilomètres seulement. Les essais français étaient réputés avoir été "propres" et "maîtrisés". On sait depuis quelques années déjà qu'il n'en était rien, que les militaires, les travailleurs et les populations ont été soumis à des doses de radioactivité parfois très importantes, qu'ils ont, pour certains, développé des maladies radio-induites, notamment des cancers. Aujourd’hui, on s'interroge sur la possibilité que ces personnes contaminées aient transmis à leurs enfants ou petits-enfants des maladies ou des malformations génétiques.

Explosion nucléaire
Explosion nucléaire © Getty image

En visite en Polynésie, en février dernier, le président de la République, François Hollande, a reconnu que les essais nucléaires ont eu "des conséquences sanitaires". Il a promis que la question de l'indemnisation des victimes sera revue. L'actuelle loi d'indemnisation, la loi Morin votée en 2010, n'a permis d'indemniser jusque-là que 19 personnes, dont 7 polynésiens. Les victimes sont pourtant sans doute beaucoup plus nombreuses. Combien exactement ? Impossible de le savoir sans étude épidémiologique exhaustive dans ces îles où les médecins ont longtemps été exclusivement militaires ... Toutes les pathologies constatées ne sont pas forcément liées aux essais nucléaires mais les polynésiens vivent maintenant dans le doute et attendent réparation.

> A voir aussi sur France Inter, dans Secrets d’info, l’enquête de Philippe Reltien sur le projet d’installation d’une ferme aquacole géante par une entreprise chinoise dans l’atoll d’Hao, qui abritait une ancienne base atomique de l’armée française

► ► ► BONUS VIDÉO | Interview de Michel Arakino, ancien militaire, plongeur à Moruroa, irradié, membre fondateur de l’association des anciens travailleurs de Moruroa Moru e Tatu.

Reportage de Philippe Reltien présenté par Lionel Thompson

Réalisation Flora Bernard assistée de Fanny Cohen-Moreau et Zohra Bensmaïli. Mixage : Maxime Ingrand.

Les liens

Article paru en février dernier dans Le Parisien au moment de la visite de François Hollande en Polynésie française

Site du ministère de l’environnement de Polynésie

Article sur le site de l’Observatoire des armements

Article de Christian Sueur sur le site Médiapart

Association de défense des victimes des essais nucléaires français en Polynésie

Mémorial des essais nucléaires de Morura

Sur le site « Sciences et avenir », « Les victimes des essais nucléaires en Polynésie peinent à se faire indemniser »

Sur le site « France 24 », « Mururoa et Fangataufa : vingt ans après les essais nucléaires, Hollande prié de s'excuser »

Sur le site « Arte », article du 30 septembre 2015, dossier sur les essais nucléaires, « L’exemple de Mururoa »

Sur le site « Ina », article du 10 juin 2015, « Les essais nucléaires en Polynésie »

Sur le site « RFI », article du 04 juillet 2013, « Les secrets des essais nucléaires français dévoilés »

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