Chaque année en France, 100 000 jeunes quittent le système scolaire sans diplôme ni qualification. Pour chacun d’entre eux, c’est un échec personnel, mais c’est aussi l’échec du système.

Des jeunes du SMV attendent les consignes, en cours de sport
Des jeunes du SMV attendent les consignes, en cours de sport © Radio France / Marina Cabiten

Le décrochage scolaire est très coûteux pour la collectivité : on estime à 230 000 euros par personne sur la durée d’une vie, les frais induits par la mésinsertion sociale (on compte par exemple les prestations sociales, indemnités de chômage ou encore les frais de santé).

En 2000, l’un des objectifs du sommet européen de Lisbonne était de « Faire de l’Europe, l’économie de la connaissance la plus dynamique du monde ». Notamment en réduisant le taux de décrochage. La France a donc développé une série d’outils pour y parvenir et de fait, la situation s’améliore depuis une dizaine d’années. 

Il existe ainsi, à l’échelon local ou national, quelques dispositifs (une bonne dizaine) plus ou moins bien connus, qui permettent aux décrocheurs de raccrocher. On parle de dispositifs relais, de lycées expérimentaux, de micro lycées ou encore d’Établissements pour l’insertion dans l’emploi (EPIDE). Marina Cabiten vous propose d’en découvrir trois, en commençant par le Service Militaire Volontaire, le SMV, créé il y a 5 ans, sous la présidence de François Hollande. Le Service militaire volontaire souffre encore d’un déficit de notoriété. En effet, toutes les places ne sont pas pourvues. Déficit de mixité également car 20% des stagiaires seulement sont des jeunes femmes.

Il existe d’autres dispositifs comme l’École de la deuxième chance. C'est un héritage du très court passage à Matignon, entre mai 1991 et avril 1992, d’Édith Cresson, la seule femme Premier ministre de la cinquième République.

Il y a aujourd’hui 130 écoles de la deuxième chance sur tout le territoire. En 2018, elles ont accueilli 15 000 jeunes de moins de 26 ans. 60% d’entre eux en sont sortis avec un emploi, ou une place dans une formation qualifiante. Ici, le maître-mot, c’est l’efficacité : remise à niveau scolaire le cas échéant, puis orientation vers les secteurs qui recrutent, même pour des emplois peu qualifiés. L’idée, c’est d’être rapidement remis en selle.

Plus académique enfin, est la formation dispensée par le lycée municipal pour adultes de la Ville de Paris. Chaque année, quelque 300 personnes s’y inscrivent pour préparer le bac. Au bout de quatre ans, 50%d’entre eux décrochent le diplôme. Financé par la Ville, il est ouvert, moyennant 130 euros par an, aux adultes qui ont interrompu leurs parcours scolaires. Seule condition, pouvoir se rendre aux cours qui ont lieu le soir et le samedi.  

« La revanche des décrocheurs scolaires », c’est un reportage de Marina Cabiten. Prise de son, Benjamin Chauvin, Lucien Lefebvre et Martin Troadec.

Réalisation, Juliette Medevielle assistée de Martine Meyssonnier. Mixage, Lidwine Caron.

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