En juillet dernier, l'Éthiopie et l'Érythrée ont signé un accord de paix, mettant fin à vingt années d'un conflit particulièrement meurtrier. Depuis, l'Érythrée reste toujours l'un des pays les plus fermés au monde. Mais l'Éthiopie, elle, s'ouvre vers l'extérieur économiquement et politiquement.

Vue d'Addis-Abeba, la capitale éthiopienne
Vue d'Addis-Abeba, la capitale éthiopienne © Radio France / Valérie Crova

Ce jour-là, chose inimaginable il y a encore un an, on célèbre un mariage à la frontière entre l'Éthiopie et l’Érythrée, au poste-frontière de Zalembessa.
"Ici c’est l’Éthiopie et un peu plus loin c’est l’Érythrée", raconte un vieil homme.   
"Tous ces gens font partie d’un seul et même peuple. Ils ont été séparés pendant vingt ans à cause des problèmes politiques. Mais aujourd’hui, on est très heureux de pouvoir se retrouver".

Ce vieil homme ne pensait sûrement pas assister, de son vivant, à la réconciliation entre l'Éthiopie et l’Érythrée.
Pendant vingt ans, les deux nations ennemies se sont fait face. Leur longue frontière commune était fermée et des milliers de militaires déployés de part et d'autre.
Le conflit entre l'Éthiopie et l'Érythrée a débuté en 1998 à cause de quelques centaines de kilomètres carré de désert, que les deux pays se disputaient.
Il a duré deux ans et provoqué la mort de près de 80 000 personnes. Un premier accord de paix est signé en 2000 mais n'est jamais appliqué. 

Il a fallu attendre le 9 juillet 2018, soit vingt ans plus tard, pour que l'Érythrée et l'Éthiopie paraphent un accord pour la paix et la réconciliation.
Depuis, l'Érythrée n'a pas vraiment bougé et reste une dictature.
L'Éthiopie, en revanche, est en pleine mutation grâce au nouveau premier ministre, Abiy Ahmed, arrivé au pouvoir au printemps dernier. "C'est un miracle ! Cela va au-delà de nos espoirs", s'exclame le blogueur Abel Wabella, qui a été emprisonné pendant 18 mois en 2014 et 2015.
"Abiy Ahmed a libéré tous les prisonniers politiques. Il a libéralisé la vie politique. Il a fait un boulot fantastique".   

Cette libéralisation politique s'accompagne d'une ouverture de l'économie.
L'Éthiopie facilite et encourage les investissements étrangers alors qu'elle avait jusqu'à présent une économie très centralisée avec un état interventionniste. 

Ouvrières éthiopiennes dans le parc industriel de Bole Lemi
Ouvrières éthiopiennes dans le parc industriel de Bole Lemi © Radio France / Marcos Darras

Le développement de l'économie éthiopienne attire les pays occidentaux. Le président français Emmanuel Macron se rendra d'ailleurs à Addis-Abeba les 14 et 15 mars prochain pour signer un partenariat stratégique.
En Éthiopie, le taux de croissance atteint les 8% mais il ne peut masquer les immenses défis que devra surmonter le pays, en particulier la grande pauvreté de sa population et les divisions ethniques.

Et l'Éthiopie s'éveilla, un reportage de Valérie Crova et Emeline Wuilbercq
Prise de son : Marcos Darras
Réalisation : Violaine Ballet, assistée de Stéphane Cosme
Mixage : Julien Michel

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