Interception s'intéresse aujourd'hui aux violences gynécologiques et obstétricales. Césarienne ou épisiotomie non nécessaires, port du masque imposé dans les maternités, des femmes témoignent de leur expérience. Et les pratiques commencent à changer.

Dans une maternité de Rouen
Dans une maternité de Rouen © Radio France / Nicolas Mathias

Claire garde un souvenir terrible de son accouchement en 2011. "On dit souvent qu'un premier accouchement dure une dizaine d'heures. Finalement au bout de dix heures le bébé ne progressait pas. Et là commence une véritable épreuve. On m'assoit. Un infirmier se place derrière moi et fait pression sur mon dos de façon à ce que mon torse écrase mon ventre."   

Claire a été victime de violences obstétricales. Derrière ce terme se cache une réalité longtemps passée sous silence:  les femmes qui accouchent sont, parfois, victimes de gestes et d'actes inappropriés ou abusifs de la part du personnel médical.
Cela peut être une césarienne précipitée, quand le bébé aurait pu sortir par voie basse.
Ou une épisiotomie, alors qu'il n'y a pas forcément besoin d'inciser le périnée.
Ce peut être aussi des propos déplacés ou blessants.   
En 2014 / 2015, des femmes ont témoigné de ces violences via Twitter sous le hashtag "paie ton utérus".
Des récits d'accouchements traumatisants mais aussi d'examens gynécologiques de routine vécus comme des humiliations.   
Après cette vague de témoignages, le Haut Conseil à l'Egalité a rendu un rapport sans complaisance, qui a secoué les professionnels de santé (voir ci dessous dans la rubrique "pour aller plus loin").  

"Très souvent j'entends, "oui mais ce mot violences obstétricales il ne faut pas l'utiliser. C'est comme violences conjugales cela veut dire que l'on fait des violences volontaires". On voit bien que cela n'est pas digéré", explique Anne Evrard, la co-présidente du CIANE  (collectif inter-associatif autour de la naissance).   
Depuis la publication du rapport du Haut Conseil à l'Egalité, les pratiques ont un peu évolué. Les taux d'épisiotomie et de césarienne restent toujours aux alentours de 20%, soit le double de ce que préconise l'Organisation Mondiale de la Santé, mais le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a lancé un label pour distinguer les maternités bien traitantes.   
"C'est le système du name and shame. On va changer les pratiques", nous explique Israël Nisand, gynécologue obstétricien et président du CNGOF.   

L'épidémie de COVID 19 ravive le débat sur les violences obstétricales. La Fondation des femmes a saisi le Défenseur des Droits car de nombreuses maternités imposent le port du masque aux femmes qui accouchent, même à celles qui n'ont pas de symptômes. Sans compter sur le partenaire qui n'a souvent pas le droit d'assister à l'accouchement.   

Comment en finir avec les violences obstétricales ?, c'est un reportage de Faustine Calmel et Nicolas Matthias.
Réalisation Violaine Ballet, assistée de Martine Meyssonnier.

Mixage : Dhofar Guerid
Documentation : Sabine Bonamy.

POUR ALLER PLUS LOIN

Extraits d'émissions :

Programmation musicale :
- MISHA PANFILOV SOUND COMBO Tagasi teele                                 
- CHAPELIER FOU Cheltenham cases                                                                           
- CLEMENT OURY Chacun dans sa case
- GABRIEL GARZON-MONTANO Fruitflies (Instrumental)                      
- MISHA PANFILOV SOUND COMBO In a dream                        
- CHAPELIER FOU Sénestre eldorado                                                        
- PRINS THOMAS Ambitions                                                                        
- CLEMENT OURY Un an après   

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