Phnom Penh
Phnom Penh © Radio France / Alain Lewkowiz

Il y a un peu plus de 40 ans, le 17 avril 1975, les Khmers rouges entraient dans Phnom Penh. Ils s’y livrent à un véritable "urbicide" : la population -environ 2 millions de personnes à l’époque- est envoyée de force dans les campagnes. 90% des habitants n’en reviendront jamais.

Quand les troupes vietnamiennes interviennent, en 1979, Phnom Penh n’est plus qu’une ville fantôme. Les rues sont longées de façades trouées, les toitures ont disparu et, par endroits, la ville est redevenue un territoire rural, envahi par la végétation et les plantations sauvages.

La capitale du Cambodge porte encore les traces de ce traumatisme. Depuis la guerre, les nouveaux habitants, des ruraux déracinés qui n’ont pour la plupart jamais vu de ville, s’installent où ils veulent, parfois où ils peuvent, dessinant une nouvelle territorialité, définissant de nouveaux repères et des découpages socio-administratifs inédits, bouleversant en profondeur les relations entre la population et l’espace de la ville encore marqué par l’empreinte de la société d’antan.

"Krong Chaktomuk", littéralement "la ville aux quatre visages", située au confluant du Mékong, du Bassac et du Tonle Sap est aujourd’hui effervescente, frénétique, se déployant anarchiquement, sans stratégie, dans un mélange de chaos et de confusion. Un monde tumultueux, sans service public et revêtant les habits neufs d’une conception très asiatique de la modernité où cohabitent des puissants outrancièrement riches, une main d’œuvre sans doute la moins chère d’Asie du sud, des cohortes d’indigents sans terre et sans abris et une petite classe moyenne émergeante qui ne souhaite qu’une chose : être connectée au monde. Les cartes urbaines sont redistribuées, donnant la part belle à la spéculation, aux projets immobiliers gigantesques et lucratifs et à la corruption. Phnom Penh est sans doute aujourd’hui à l’image d’un pays où tout semble encore et toujours urgent.

Reportage d'Alain Lewkowicz, prise de son Laurent Macchietti

Une émission présentée par Lionel Thompson

Réalisation Anne Lhioreau assistée de Stéphane Cosme

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Cambodge, une démocratie de façade ? Le Cambodge est-il sur la voie de la démocratie ? De 1975 à 1979, il fut soumis au  régime de terreur khmer rouge, qui perpétra un génocide, décimant un quart de la population.

40 ans après les Khmers rouges, le Cambodge en quête d'une mémoire dépassionnée Il y a 40 ans, le Cambodge s'apprêtait à écrire la plus sombre page de son histoire. Les Khmers rouges se rendaient maîtres du pays. Un passé douloureux qui n'a pas toujours été facile à regarder en face. Read more at http://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/40-ans-apres-les-khmers-rouges-le-cambodge-en-quete-d-une-memoire-depassionnee_1672021.html#hkeLD3ljFxbwJhW3.99

Les Khmers rouges vident Phnom Penh de ses habitants Le 17 avril 1975, Phnom Penh, capitale du Cambodge, est envahie par de longues cohortes d'adolescents maigres et hagards, tout de noir vêtus et lourdement armés. Il s'agit de l'armée des communistes cambodgiens. Surnommés quelques années plus tôt « Khmers rouges » par le roi Norodom Sihanouk, ils ont vaincu les partisans pro-américains du général et Premier ministre Lon Nol au terme d'une guerre civile de cinq ans.

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