Vingt ans après les bombardements de l'OTAN, la Serbie est candidate à l'Union Européenne. Chinois et Russes lorgnent vers l'économie de ce pays de sept millions d'habitants, dont les principaux échanges se font encore avec l'Europe. Et la route est encore longue pour que la Serbie intègre l'Union.

Manifestation contre le président Vucic à Belgrade
Manifestation contre le président Vucic à Belgrade © Radio France / Vanessa Descouraux

Il y a exactement 20 ans, Lionel Jospin annonçait aux Français que les forces de l’OTAN bombardaient la Serbie, accusée de nettoyage ethnique au Kosovo. C’était le "début de la fin"  des guerres qui avaient ravagé l’ancienne république fédérale yougoslave. Entre 1991 et 2001, on dénombrera 150 000 morts dont deux tiers de civils, quatre millions de réfugiés, et des exactions qui conduiront certains de leurs auteurs devant le tribunal pénal international de La Haye.

Dix ans plus tard, la Serbie, ce petit pays de sept millions d’habitants ,posait sa candidature à l’adhésion à l’Union Européenne. Et en 2012, l’Union lui accordait le statut de candidat (avec les quelques avantages qui y sont liés, notamment en matière de circulation des personnes).

L’Europe alors faisait rêver les Serbes. Plus de la moitié des échanges commerciaux du pays se font d’ailleurs avec l’Union, principalement, avec l’Allemagne et l’Italie.

Mais aujourd’hui, les Serbes sont confrontés à un pouvoir autoritaire. Le pays qui comptait pas moins de 79 journaux dont 13 quotidiens en 1909, est désormais au 76ème rang du classement de RSF pour la liberté de la presse. Pour réclamer le départ d’Aleksandar Vucic, élu président il y a seulement deux ans, les Serbes descendent dans la rue tous les samedis. Une instabilité politique peu propice à une adhésion sereine. D’autant que le problème kosovar reste en suspens, aucun accord n’ayant jamais été signé entre Belgrade et Pristina.

L’Europe de son côté traverse une zone de turbulences : la montée des nationalismes, la proximité du Brexit, posent la question de la pertinence d’un nouvel élargissement.

Élargissement auquel semble opposé par exemple le Français Emmanuel Macron, quand le Président de la Commission, Jean-Claude Juncker parle de 2025 pour que la Serbie rejoigne l’UE. 

Les bans sont publiés, mais la date de la noce est donc encore loin d’être arrêtée

Serbie, la longue route vers l'Europe, c'est un reportage de Vanessa Descouraux. Réalisation Violaine Ballet assistée de Marion Philippe. Mixage, Julien Michel..

Documentation : Sabine Bonamy.

Pour aller plus loin

Serbie, état d'avancement des négociations d'entrée dans l'Union européenne, Conseil de l'Union européenne

"Union européenne, Serbie, Monténégro : pour un avenir gagnant-gagnant", rapport d'information du Sénat, 12/07/2018

Actions du Conseil de l'Europe en Serbie

Pourquoi la Serbie ?, CCI France Serbie

La Serbie, un caillou russe dans les chaussures de l’OTAN-UE, Agoravox, 21/01/2019

L’Union européenne peut-elle réussir l’intégration des Balkans occidentaux ?

Vidéo "L'Union européenne entrouve sa porte à la Serbie", Euronews, 07/07/2017

Bureau d'information sur l'Union Européenne à Belgrade
Bureau d'information sur l'Union Européenne à Belgrade © Radio France / Vanessa Descouraux
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