Le Burkina Faso, littéralement 'Pays des hommes intègres', enclavé en Afrique de l’Ouest, a longtemps fait figure de havre de paix. Les quelque 20 millions d’habitants de l’ex Haute Volta semblaient épargnés par les affrontements qui se généralisaient chez leurs voisins maliens ou nigériens, jusqu’en 2014.

Cérémonie patriotique à Ouagadougou
Cérémonie patriotique à Ouagadougou © Radio France / Claude Guibal

Depuis la chute du régime de Blaise Compaoré il y a cinq ans, la situation ne cesse de se dégrader dans ce pays qui est l’un des dix moins développés du monde.

L’état burkinabé n’a pas les moyens militaires de s’opposer à l’avancée des djihadistes venus du Nord. Et les attaques se multiplient. En août dernier, la mort de 24 soldats dans leur caserne a traumatisé la population, alors que quelques semaines plus tôt, la libération de deux otages français avait coûté la vie à deux membres des forces spéciales françaises.

Ces attaques ont déjà fait plus de 600 morts et poussé un demi-million de Burkinabés à l’exil intérieur.

L’absence de réaction efficace de l’état a favorisé la création de milices d’autodéfense 

On leur attribue notamment le massacre d’Yirgou au début de l’année. Des miliciens suspectaient ce village d’éleveurs peuls musulmans de cacher des djihadistes et en a massacré pratiquement toute la population, probablement 200 personnes.

L’absence de réaction efficace de l’état a favorisé la création de milices d’autodéfense
L’absence de réaction efficace de l’état a favorisé la création de milices d’autodéfense © Radio France / Claude Guibal

L’identification Peuls-djihadiste sert souvent de justification aux exactions commises par les milices d’autodéfense. Il faut dire que cette ethnie présente dans toute l’Afrique de l’Ouest, cristallise contre elle bien des inimitiés : les Peuls sont initialement des éleveurs de tradition nomade, peu instruits et repliés sur une culture fermée, bref, des boucs émissaires tout trouvés. Certains parlent même de Djihad peul

En moins de 5 ans, toute une tradition de « vivre ensemble » s’est désagrégée dans ce pays où ethnies et religions cohabitaient en harmonie depuis des décennies. La peur du terrorisme mine désormais une population dont les services publics sont en déliquescence. 

« Burkina, extension du domaine du Djihad », c’est un reportage de Claude Guibal, avec une prise de son de Fabien Gosset. Réalisation Violaine Ballet assistée de Martine Meyssonnier. Mixage, Julien Doumenc. Documentation, Sabine Bonamy.

Pour aller plus loin

"Le Burkina Faso sous le feu djihadiste", Mondafrique, 04/11/2019

"Burkina Faso : comment s’explique la prolifération des groupes extrémistes ?", Contrepoints, 08/09/2019

"Burkina Faso, au coeur de la tourmente djihadiste", Les Yeux du Monde, 12/06/2019

"Burkina Faso, portrait d’une Afrique martyrisée", ENDERI, 11 juin 2019

"Le Burkina Faso en guerre contre les djihadistes", BBC, 05/06/2019

Antil Alain, "Sahel : soubassements d’un désastre", Politique étrangère, 2019/3 (Automne), p. 89-98. DOI : 10.3917/pe.193.0089

Comment le djihad armé se diffuse au Sahel", The Conversation, 24/02/2019

"Nord du Burkina-Faso : ce que cache le jihad", International Crisis Group, 12 octobre 2017 (en anglais)

"Pourquoi le Burkina Faso est-il visé maintenant par les terroristes ?", Radio Canada, 18/01/2016

Programmation musicale

  • SYLVANO MICHELINO Running Free                        
  • WAGA 3000 Voir sombrer ses fils                                       
  • LASSINA COULIBALY & YAN KADI FASO Ba mana sa 
  • DEBADEMBA Kieledjola                                    
  • ADOTEY JOHNSON Me so love ya                            
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