Samedi 31 octobre, la Côte d'Ivoire va élire son président. Alassane Ouattara se représente pour un troisième mandat. Sa candidature a ravivé des plaies jamais cicatrisées dans ce pays meurtri par les violences d'il y a 10 ans. Il mise sur son bilan économique pour rester au pouvoir.

Construction d'un 4ème pont sur la lagune à Abidjan. Le pays enregistre une croissance moyenne de 8% depuis 2012. Mais le taux de pauvreté est toujours de 40%.
Construction d'un 4ème pont sur la lagune à Abidjan. Le pays enregistre une croissance moyenne de 8% depuis 2012. Mais le taux de pauvreté est toujours de 40%. © Radio France / Géraldine Hallot

En avril 2011, le nouveau président Alassane Ouattara s'adresse aux Ivoiriens dans une allocution télévisée. Il débute son intervention sur son obligation, son devoir, de réconcilier un pays déchiré par des violences post électorales. 

Son adversaire et ancien président Laurent Gbagbo a longtemps refusé de reconnaître sa défaite, il a entraîné alors le pays dans le cauchemar d’une guerre civile, qui a fait 3000 morts.
Depuis, la Côte d’Ivoire reste hantée par le souvenir de ces mois ensanglantés, surtout quand s’approche une nouvelle échéance électorale.

En particulier quand il s'agit de la présidentielle. L'élection est prévue samedi prochain.  Avec Alassane Ouattara, qui contrairement à sa promesse, se représente pour un troisième mandat. A l’annonce de cette candidature controversée, les esprits se sont à nouveau échauffés. 

Comme le 21 août dernier, à Yopougon, quartier meurtri par les haines du passé, des affrontements entre jeunes pro Gbagbo et la police ont éclaté. En tout depuis cet été, dans ce climat pré-électoral explosif, une trentaine de morts est à déplorer, selon des ONG locales. 

Si les divisions politiques, communautaires persistent, elles sont aussi aujourd’hui économiques. 

D’un côté, la croissance est florissante (8% de croissance en moyenne par an depuis 2012), une politique de grands travaux a été lancée, une classe moyenne émerge, un embryon de secteur industriel apparaît.  
Mais de l’autre côté, la réalité ivoirienne reste encore figée à 40% de pauvreté.

"Prendre le repas principal chaque jour relève du loto pour bon nombre de familles", admet Séverin Kouamé, sociologue ivoirien interrogé pour Interception. 

L'autre échec des deux mandats Ouattara est la lutte contre la corruption, présentée comme son credo il y a 10 ans à son arrivée au pouvoir. Certes, Abidjan a progressé dans les classements internationaux sur le sujet, mais ce sont des progrès relatifs.  
Selon le baromètre de Transparency International, la Côte d’Ivoire occupe le 103è rang sur 180, pour la lutte contre la corruption. 

Dans une enquête parue en 2017, un Ivoirien sur deux déclarait avoir payé un pot de vin à la police pour éviter des problèmes, un sur trois à un fonctionnaire en échange d’un document. Et surtout, la moitié des sondés déclarait peu probable que l’Etat agisse pour mettre fin à ses pratiques endémiques.

« Côte d’Ivoire, mirage ou miracle économique ? »  

C’est un reportage de Géraldine Hallot avec Gilles Gallinaro. 

Réalisation Stéphane Cosme assisté de Martine Meyssonnier

Mixage : Dhofar Guerid

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