C’est une vie d’interdits, de discrétion pour une minorité religieuse dont le nom ne vous parle certainement pas : ce sont les Ahmadis. Interception part à leur rencontre au Pakistan. Selon les chiffres officiels, ils seraient dans le pays environ 600000.

Scène de rue dans la ville de Rabwah, refuge des pakistanais de confession ahamdie.
Scène de rue dans la ville de Rabwah, refuge des pakistanais de confession ahamdie. © Radio France / Géraldine Hallot

Tout en se revendiquant de l’Islam, la foi des Ahmadis repose sur le fait que Mahomet n’est pas le dernier prophète. Ce qui en fait une communauté persécutée dans ce pays gangrené par les courants sunnites les plus fondamentalistes. 

Depuis 1974, le Pakistan a même rendu légal les discriminations contre cette communauté jugée hérétique. Islamabad ne les considère plus comme musulmans. L’Etat leur interdit de posséder un Coran chez eux, de faire les cinq prières quotidiennes. Leurs mosquées doivent rester silencieuses, et ne pas faire l'appel à la prière.

Ces dernières années, l’intolérance religieuse monte au Pakistan : contre les chiites, contre les chrétiens. 

À cet égard, le cas d’Asia Bibi suscite l’émotion en Occident. Cette mère de famille chrétienne a échappé de peu à la peine de mort pour avoir bu de l’eau dans un puits réservé aux musulmanes de son village.  Le sort de cette femme, aujourd'hui réfugiée au Canada, a révélé au grand public la situation cruelle et dramatique vécue par les minorités religieuses au Pakistan. 

Les violences contre les Ahmadis sont commises toujours dans le silence, malgré presque trois cents assassinats ciblés ces trente dernières années. La justice n'a prononcé que deux condamnations.  

Pour vivre dans un semblant de normalité, beaucoup d’Ahmadis se regroupent dans une même ville. C'est leur refuge en quelque sorte. Elle s’appelle Rabwah (65000 habitants, peuplée à 95% d'Ahmadis), elle se situe à près de cinq heures de route d’Islamabad. Ils y vivent en vase clos, dans une sécurité encore et toujours fragile car tout autour il y a des villages sunnites qui leur sont hostiles. 

C’est là à Rabwah que Géraldine Hallot et Clémence Bonfils nous conduisent pour rencontrer les damnés du Pakistan. 

Réalisation : Violaine Ballet, assistée de Stéphane Cosme

Mixage : Julien Chabassut

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