Les services d’urgences connaissent en ce moment une grève très longue, qui a débuté mi-mars 2019. Les personnels paramédicaux, à l'origine de la grève, ont reçu le renfort de deux organisations de médecins : l'association des médecins urgentistes de France et l'intersyndicale de praticiens hospitaliers.

Urgences de l'hôpital Delafontaine à Saint Denis
Urgences de l'hôpital Delafontaine à Saint Denis © Radio France / Géraldine Hallot

Le mouvement est parti des urgences de l’hôpital Saint Antoine, au Nord-est de Paris, dont les personnels se sont réunis en collectif.
Il échappe, et c’est une de ses caractéristiques, aux organisations syndicales traditionnelles.
Près de la moitié des services d’urgences des établissements publics français sont aujourd'hui en grève.

Comme les grévistes sont réquisitionnés, c’est une grève qui ne se voit guère, et qui n’affecte pas les soins apportés aux patients.
Mais les soignants sont déterminés. Tous se disent insatisfaits de l'enveloppe de 750 millions d'euros annoncée par la ministre de la santé Agnès Buzyn. Ils continuent de demander l'ouverture de lits, des effectifs supplémentaires et une augmentation de salaire supérieure à la prime de 100 euros net versée depuis juillet.

À l’écart des manifestations, des tribunes et des slogans, Géraldine Hallot a passé une semaine au sein des urgences de l'hôpital Delafontaine à Saint-Denis aux côtés des infirmières, aides-soignants, médecins et patients.
La Seine-Saint-Denis est l'un des départements les plus déshérités de France. Face à l'accroissement de la population, il accuse un déficit en médecins généralistes.
Résultat : les urgences de Delafontaine enregistrent 55 000 passages par an, un nombre qui progresse de 6 à 8% chaque année. 

L'hôpital expérimente des solutions pour faire baisser le temps d'attente aux urgences: "code couleurs" en fonction de la gravité des cas, création d'un poste de "gestionnaire de lits". Ce "bed manager", comme on dit dans le jargon hospitalier, est chargé de trouver des lits dans les services pour les patients des urgences qui doivent être hospitalisés. Grâce à lui notamment, le temps d'attente moyen aux urgences est passé de 5h30 à 4h.

Mais pour les soignants, cela ne suffit pas. Ils demandent des effectifs supplémentaires pour faire face à l'afflux de patients.  Et aussi une revalorisation salariale. "On ne va pas se mentir" dit Tatiana, une infirmière. "Je ne vais pas vous tenir un discours uniquement humaniste. Le coût de la vie augmente, la charge de travail aussi. À un moment, tout travail mérite salaire. Il faut nous payer en conséquence".  
Tatiana a 8 ans d'ancienneté aux urgences. Elle travaille en horaires décalés. Elle gagne 1700 euros net par mois.

Les urgences à bout de souffle, un reportage de Géraldine Hallot.

  • Prise de son Hélène Langlois et François Rivalan. 
  • Mixage: Guillaume Le Du.
  • Réalisation: Violaine Ballet assistée de Martine Meyssonnier.  
  • Documentation, Sabine Bonamy.

Pour aller plus loin

Programmation musicale

  • Peter Giger - Family of percussion
  • BO de la série The young pope
  • Superpoze – The corridor
  • Foodman – Clock (feat. Machina)
  • Mike White – The bookstore
  • JS Bach interprété par Anne Queffélec – Partita n°5 en Sol Maj BWV 829 5
  • Andrew Bird - Lit from Underneath  
  • BO du film Birdman
  • Clozee - Evasion
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