Mercredi 8 septembre commence le procès des attentats du 13 novembre. Ils ont fait 130 morts et des centaines de blessés. Les victimes survivantes ont entamé depuis 5 ans un long et difficile chemin de reconstruction.

À la barre de la salle d'audience construite spécialement pour le procès des attentats du 13 novembre
À la barre de la salle d'audience construite spécialement pour le procès des attentats du 13 novembre © Radio France / Julien Michel

Le procès devrait durer jusqu’à la fin du mois de mai. Parmi les 20 accusés, Salah Abdeslam est le seul survivant des commandos qui ont semé la terreur dans la capitale.

Huit attaques en une soirée, du Stade de France, où avait lieu un match de foot France-Allemagne, à la salle de spectacle du Bataclan où le groupe Eagles of Death Metal donnait un concert, en passant par les terrasses des Xème et XIème arrondissements de Paris. Le bilan, effroyable, s’élève à 130 morts. Il faut y ajouter plusieurs centaines de blessés, des familles brisées, des proches traumatisés.

À l’audience, 300 avocats représenteront près de deux mille parties civiles constituées. Des victimes aux blessures visibles ou parfois invisibles qui ont commencé, il y a plus de cinq ans un très long chemin de reconstruction, et que Sophie Parmentier a rencontrées pour ce reportage.

Pierre, Gaëlle, Arnaud et Marie sont des victimes directes des attentats. Ils ont croisé les terroristes, et en sont encore meurtris dans leur chair et dans leur âme. Mais d’autres resteront également traumatisés. C’est le cas de nombreux habitants du quartier, témoins plus ou moins lointains des scènes de guerre qui ont eu lieu ce soir-là. Et même les policiers très aguerris qui ont mené l’assaut avec succès pour libérer les otages du Bataclan, resteront marqués par cette mission hors du commun. 

La dépression consécutive aux attentats a été partagée par de très nombreux Français, y compris par certains qui n’étaient pas directement concernés par les attentats. C’est ce qui rend historique cette date du 13 novembre devenue, selon l’historien Denis Peschanski, un « marqueur » de notre Histoire. Aidé d’un neuropsychologue, ce chercheur du CNRS a entrepris de recueillir les témoignages d’un millier de personnes, à intervalles réguliers. Un travail considérable qui lui a permis d’établir scientifiquement l’existence de plusieurs cercles de victimes. 

« Les cicatrices du 13 novembre », c’est un reportage de Sophie Parmentier. Prise de son Olivia Branger, Gilles Gallinaro, Arthur Gerbault, Geoffrey Marie-Anne et Martin Troadec.

Réalisation Jérôme Chelius assisté de Martine Meyssonnier. Mixage Antoine Viossat.

Documentation Sabine Bonamy. Documentation sonore Romain Couturier.

Pour aller plus loin

La liste des victimes des attentats du 13 novembre 

Site de l'association des victimes des attentats du 13 novembre, "Life for Paris"

Site de l'association "Génération Bataclan"

Les 130 victimes des attentats de Paris étaient mélomanes, avocats, chiliens, parents...

Enquête santé publique post-attentat 13 Novembre

"Attentats du 13 novembre : une recherche inédite sur le stress post-traumatique"

Mémoire collective : le marqueur des attentats du 13 novembre 2015