Depuis plusieurs années, on observe une progression de la pratique religieuse chez les musulmans de France, particulièrement chez les jeunes. Une étude de l’IFOP pour la Fondation Jean Jaurès auprès des musulmans, le confirme.

Sukayna
Sukayna © Radio France / Géraldine Hallot

D’autres indicateurs de l'enquête IFOP sont encore plus éloquents : 70% des moins de 25 ans pensent que l’interdiction du voile intégral est une mauvaise chose (ils sont 57% chez les 25-49 ans). Et 71% des jeunes observent le ramadan strictement contre 53% des plus de 50 ans. 

Un retour à l’observance religieuse qui interroge. Et dont les causes sont probablement multiples : quête de spiritualité, besoin d’appartenance, réflexe identitaire, sentiment d’abandon par la République, retour du puritanisme ou attrait pour un Islam conservateur voire radical, dont les images sont véhiculées sur les réseaux sociaux, sans doute est-ce tout cela à la fois.

La République s’interdit pour le moment d’établir des statistiques sur l’appartenance religieuse des Français. On ne peut donc que se référer à quelques études plus ou moins sérieuses. Selon l’Observatoire de la laïcité, il y avait en 2019 plus de 4 millions de musulmans en France. D’autres évaluations évoquent jusqu’à 8 millions, un nombre qui devrait augmenter dans les prochaines années. 

C’est pourquoi, loin des polémiques instrumentalisées par la politique, il nous a paru nécessaire de mieux connaitre en profondeur, intimement, cette jeunesse qui se réclame de la religion. Refusant d’être catalogués en raison de leur religion, de jeunes musulmans ont mis sur pied le programme « Citoyens engagés pour la concorde ». Un programme placé sous l’égide de la fédération Alma qui fédère 80 associations de quartiers et dont les objectifs sont « d’améliorer la vie dans les quartiers populaires, de désamorcer les conflits, de combattre toute forme d’exclusion et de lutter contre les extrémismes idéologiques et religieux qui enferment ».

"Jeune, Français et musulman", c’est un reportage de Géraldine Hallot. 

Prise de son, Hélène Langlois et Laurent Machietti, réalisation Hélène Bizieau assistée de Martine Meyssonnier. 

Mixage, Benjamin Vignal. 

Documentation, Éléonore Lanoë.

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