Pour cerner la relation que ces collégiens entretiennent avec l’information et leur perception des journalistes, nous leur avons soumis un questionnaire avant que ne débutent les séances d’InterClass, en les interrogeant notamment sur les journalistes.

Seulement une minorité a une opinion plutôt positive de notre métier. Nous essuyons une avalanche de critiques livrées ici :

« Les journalistes ils soulent beaucoup »

« Ils mentent »

« Ils écrivent n’importe quoi »

« Je n’aime pas les journalistes »

« Parfois ils disent pas la vérité, ils en font trop »

« Un journaliste est une personne qui chasse l’actualité comme un paparazzi »

« Les journalistes sont faux »

« Les journalistes sont des personnes provocateurs et mensongers car ils inventent n’importe quoi. Ce sont des débiles qui sont assis toute la journée sur un tabouret »

« Mon opinion c’est qu’ils rapportent des informations mais rajoutent souvent des choses fausses en plus et disent des choses sans savoir »

« Ce sont des grandes gueules, ils disent n’importe quoi, je les aime pas ».

Nous avons également posé aux élèves la question suivante : « Quelle image les médias donnent des jeunes ? »

Sur plus de 120 questionnaires seulement deux collégiens ont répondu que les journalistes donnent une image positive des jeunes. Pour le reste, c’est-à-dire la quasi unanimité, les réponses sont, hélas, cinglantes. Là encore nous ouvrons les guillemets pour citer les réponses :

« Ils nous prennent pour des racailles »

« Ils disent que nous sommes des violents, des personnes qui respectent rien et qui disent 24h sur 24 des gros mots »

« Ils donnent une image mauvaise et grossière, ils se contentent de ce qu’ils voient mais tous les jeunes ne sont pas comme ça »

« Ils prennent les jeunes des banlieues pour des personnes dangereuses »

« Ils nous prennent pour des idiots »

« Il (le journaliste) dit que nous faisons beaucoup de bruit et que ceux des banlieues sont dangereux. »

« Ils disent que nous sommes des flémards, des voyous, des ignorants »

« Ils disent qu’on vend de la drogue »

« Je pense que les journalistes voient que du négatif sur la Seine Saint Denis »

« Pour les journalistes jeunes = con »

« Ils nous rabaissent et donnent une mauvaise image donc les personnes qui nous connaissent pas pensent qu’on est de mauvaises personnes »

« Ils ne parlent pas des jeunes »

Les réponses de ces jeunes sont terribles et imposent à tous les journalistes qu’ils exercent en presse écrite, en télé ou en radio de s’interroger sur ce qu’ils donnent à voir et à entendre de cette jeune génération qui vit en banlieue. Comment ces élèves peuvent-ils se construire en tant que citoyens français en portant le poids de ces mots si dévalorisants?

Il y a également un travail de pédagogie et d’éducation aux médias à mettre en place avec les collégiens tout au long de l’année. Leur donner des repères pour qu’ils comprennent la société dans laquelle ils grandissent. Leur expliquer et leur montrer comment travaillent les journalistes et les producteurs.

En se confrontant au réel, on combat les préjugés.

La chronique InterClass donne aujourd’hui la parole à Floriane Jutier Gusciglio professeur de Lettres au collège Georges Rouault dans le 19 ème arrondissement à Paris

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